“ Le traître Cupidon m’a percé d’une de ses flèches jusqu’au fond du cœur. J’ai bandé mon arc en retour, et si fort, qu’il y a danger que la corde ne se rompe. Viens, et, pour me rendre tout à fait heureux, cesse d’emprisonner ta chevelure ; qu’elle flotte en toute liberté sur tes épaules : tes embrassements vont m’en sembler plus doux. En un clin d’œil elle a fait disparaître le couvert. Puis elle met à nu tous ses charmes ; et, laissant ondoyer ses cheveux dans le plus voluptueux désordre, la voilà qui s’avance, image vivante de Vénus glissant sur les flots. ”
Cupidon
Définition et enjeux
Cupidon, figure mythologique emblématique de l'amour, a inspiré de nombreuses créations artistiques et littéraires. Dans la peinture académique, William Bouguereau immortalise cette divinité à travers un nu mythologique imprégné de sensualité.
Les auteurs, depuis l'Antiquité jusqu'au XIXe siècle, ont exploré ses multiples aspects : Apulée le présente comme un être passionné et vulnérable, Shakespeare le transforme en symbole capricieux des amours terrestres, tandis que Victor Hugo évoque son rôle ambigu entre attirance et spiritualité. Ces approches variées révèlent une constance du thème dans l'imaginaire collectif, reliant l'art et la littérature autour de la dualité de l'amour.
Citations sur “Cupidon”
William Shakespeare,
Le songe d'une nuit d'été
“ PUCK. Je me rappelle.OBÉRON. — Cette fois-là même, je vis, (mais tu ne pus le voir,) — je vis voler, entre la froide lune et la terre, — Cupidon tout armé : il visa — une belle vestale, trônant à l’Occident (8) , — et décocha de son arc une flèche d’amour assez violente — pour percer cent mille cœurs. — Mais je pus voir le trait enflammé du jeune Cupidon — s’éteindre dans les chastes rayons de la lune humide, — et l’impériale prêtresse passa, — pure d’amour, dans sa virginale rêverie. ”
Charles Monselet,
Monsieur de Cupidon. Aristide Chamois
(1854)
“ M. de Cupidon s'élançant, roula le tambour auprès de la céleste baronne de Bois-Laurier, et, avisant un tabouret dans un coin du boudoir, il l'approcha et s'y installa dessus, presqu'aux pieds de la jeune femme. — A présent, madame, dites-moi un peu ce qui se fait à la cour ? Se coudoie-t-on sans cesse au lever du roi ? Quelle est la favorite en règne, le pont-neuf en vogue, le petit-maître à succès ? Parlez-moi de la duchesse, de la maréchale, de la vicomtesse; les petits collets existent-ils encore avec leurs rabats de gaze et leurs manteaux de soie? ”
Charles Monselet,
Monsieur de Cupidon. Aristide Chamois
(1854)
“ Le soir de ce même jour, — M. de Cupidon sortait de son hôtel de la Boule-Rouge, après avoir fait un excellent repas. Il allait, je ne sais où, l'oeil allumé, les lèvres entr'ouvertes, et contemplant avec recueillement son petit ventre qui marchait devant lui. Cet état de douce quiétude pesa bientôt à notre héros, qui commença à se créer une foule de passe-temps, tels que de fredonner un air que personne n'avait inventé, de sourire aux vieilles femmes, de frapper sur sa tabatière sans l'ouvrir, de regarder l'heure sans la voir. ”
Madame d' Aulnoy,
La cour et la ville de Madrid vers la fin du XVIIe siècle
“ On en voit plus loin qui lui aiguisent des flèches, pendant que les autres en emplissent son carquois et bandent son arc. Un faune la regarde au travers des branches, elle l'aperçoit et elle le montre à un petit Cupidon qui est appuyé sur ses genoux, et qui pleure, comme s'il en avait peur ce qui la fait sourire. ”
François de Fénelon, Aventures de Télémaque ; suivies des Aventures d'Aristoniis
“ La flèche de Cupidon, ne pouvant percer l'égide, tomba par terre. Cupidon, indigné, en soupira amèrement; il eut honte de se voir vaincu. Loin d'ici, s'écria Minerve, loin d'ici, téméraire enfant! tu ne vaincras jamais que des âmes lâches, qui aiment mieux tes honteux plaisirs, que la sagesse, la vertu et la gloire. A ces mots, l'Amour irrité s'envola; et Vénus remontant vers l'Olympe, je vis longtemps son char avec ses deux colombes dans une nuée d'or et d'azur ”
Victor Hugo,
Les Chansons des rues et des bois
(1866)
“ L'aile de Cupidon connaît Ses sens, son coeur, sa tête, et l'aile Des moulins connaît son bonnet. Sa vie est un bruyant poème; On songe, on rit, point de souci, Et les verres sont de bohème, Et les buveurs en sont aussi. Ce monstre adorable et terrible Ne dit pas Toujours, mais Encor! Et, rempli de nos coeurs, son crible Ne laisse passer que notre or. ”
Adèle Bibaud,
Trois ans en Canada
“ Cupidon est un madré, il a fait un pacte avec vieux Temps, afin de gagner la victoire sur un ennemi qui le combat depuis longtemps, il sait, l’espiègle, qu’un chemin parsemé de roses n’est pas celui qui conduit à l’amour. On ne peut apprécier ce que l’on obtient sans peine ni obstacle, il faut se piquer aux épines, il faut se déchirer le cœur pour qu’il se rende. ”
Luís de Camões,
Les Lusiades, ou Les Portugais…
(1862)
“ Une joie maligne éclate dans les yeux de Cupidon ; il se fait apporter son arc d'ivoire, l'arc brillant d'où partent ses flèches dorées. Vénus, d'un air tendre et caressant, le reçoit dans son char ; et les oiseaux mélodieux, qui jadis ont tant déploré la mort de Phaéthon, les enlèvent au milieu des airs. L'Amour veut avoir l'appui d'une autre divinité qui, plus - d'une fois, a divulgué ses mystères, mais qui souvent aussi a secondé ses desseins. ”
François Coppée,
Théâtre de François Coppée,...
(1897)
“ Pourtant Cupidon, le front rempli De désespoir, pensait : « Le mal est accompli. Cette voix qui m'appelle est perverse et menteuse. Hélas ! Je ne crois plus à l'âme vertueuse... » Et l'hymne s'envolait, frémissant, éperdu, Tandis que l'Amour-Dieu, sur sa couche étendu, Pensait : « Je voudrais croire encor cette prière ; Doucement, en mon coeur s'apaise la colère. Allons ! ne soyons pas injuste ni cruel. Je pardonne à l'encens brûlé sur mon autel. » ”
Théodore Lacordaire, Revue des Deux Mondes
“ Je reconnus l’ouvrage de Cupidon. — Eh bien ! lui dis-je, que signifie cela ? — Comment ! que signifie cela ? Un vrai sortilège, senhor, une œuvre du démon, auquel ce damné de Cupidon a vendu son âme. Il n’en faut pas davantage pour faire périr tous mes nègres, détruire mes plantations et m’envoyer moi-même dans l’autre monde. Il se mit à ouvrir le paquet, dont le contenu m’était connu d’avance. À l’aspect du sang qui teignait les feuilles, sa terreur redoubla : saint Sébastien ! s’écria-t-il. ”
Marivaux,
LA RÉUNION DES AMOURS
“ CUPIDON Oui-da ; cette flamme, avec les rigueurs de Madame, la témérité qu’on accable à cause de cette audace qui met en courroux, en dépit de l’espérance qu’on n’a point, avec cette victime qui vient brocher sur le tout : cela est très beau, très touchant, assurément. L’AMOUR , à Cupidon. Ce n’est pas votre sentiment qu’on demande. Voulez-vous que je continue, Déesse ? LA VERTU Ce n’est pas la peine. En voilà assez. Je vois bien ce que vous savez faire. ”
Émile Montégut, Le maréchal Davout, son caractère et son génie…
“ L’amour parlait par ces deux êtres le même langage passionné qu’il parle par les plus jeunes amans au début même de leur affection ; car Cupidon entend régner toujours sur l’homme et le gouverner depuis le berceau jusqu’à la tombe. ”
Théodore Lacordaire, Revue des Deux Mondes
“ Je reconnus Cupidon. Il paraissait plongé dans une rêverie profonde qui l’avait sans doute empêché de m’entendre. Sa tête crépue était penchée sur sa poitrine : ses bras reposaient sans mouvement sur la terre. À ses côtés étaient son sabre de travail, un de ces petits paniers de jonc que les nègres fabriquent dans leurs momens de loisir, et une tortue de terre qu’il avait trouvée dans le bois. Elle était renversée sur le dos et agitait ses pattes en cherchant à reprendre sa position naturelle sans pouvoir y parvenir. ”
Armand Dayot,
La "National Gallery"
“ Et quel art dans la composition! Comme tout est harmonieusement combiné pour donner tout son éclat à cette chair vibrante et souple! Le corps repose sur une large courtepointe de couleur grise qui fait valoir admirablement sa blancheur nacrée, de même que la charmante silhouette de Cupidon, rosée et blonde, se dore de la pourpre qui lui sert d’écran. ”
George Sand,
La Daniella
(1857)
“ Il me sembla que ce pauvre Cupidon se réchauffait à la douce atmosphère de notre braise, et que, ravi de revoir la lumière, il essayait de se détacher du fond où l'artiste l'avait si cruellement incrusté, pour venir, comme un papillon de nuit, brûler ses ailes éraillées à la bougie. ”
Saint-Ruf, Une évasion : épisode de la guerre des Albigeois (1863)
“ Source de joie intarissable, la jeunesse coule à longs flots des jours dont l'amertume ne peut être sentie que par l'âge caduc ! Les imperfections, à notre oeil, se poétisent ; la nature a pour nous des attraits dont la description est inénarrable... L'idéal flotte heureux sur son trône d'or et de grâce ; il nous présente à tout instant sa coupe enivrante dont les rejaillissements renouvelés sont sans cesse vivaces. Ici, Cupidon a des traits ; il nous assiège et nous désole.... et tandis que nous nous endormons sur son sein, il nous prépare un trépas, hélas ! ”
“ Pendant que Psyché courait ainsi le monde à la recherche de Cupidon, Cupidon, malade de sa brûlure, gémissait couché sur le lit même de sa mère. Or, cet oiseau blanc qui rase de l’aile la surface des mers, plongeant dans les profondeurs de l’Océan, va trouver Vénus, qui se baignait en se jouant au milieu des flots. Il lui annonce, en l’abordant, que son fils s’est fait une grande brûlure, dont la guérison est incertaine. ”
Wilkie Collins,
La Pierre de Lune
“ Betteredge a pris note sur l’heure même de la concession. « Quant au premier corridor, lorsque nous enlevâmes les ornements qui le décoraient, nous ôtâmes la statuette d’un enfant nu, portée à l’inventaire sous l’appellation profane de « Cupidon, dieu de l’Amour. » Il avait alors ses deux ailes intactes ; pendant un instant où je le perdis de vue, il en disparut une ; dois-je répondre de l’aile qui manque au Cupidon ? » ”
Érasme,
Éloge de la folie
(1936)
“ Cupidon, qui crée et resserre tous les liens, n’est-il pas entièrement aveugle ? De même que ce qui n’est pas beau lui semble l’être, n’obtient-il pas que chacun de vous trouve beau ce qui lui appartient, et que le vieux raffole de sa vieille comme l’enfant de sa poupée ? ”
Johann Valentin Andreae,
Les Noces chymiques de Christian Rosenkreutz
“ La beauté de l’Hymne à l’Amour se suffit à elle-même sans qu’il soit besoin de la souligner ici. Toutefois, c’est à ce moment que notre héros se souvient de la piqûre que Cupidon lui fit à la main, et de celle qu’il reçut en rêve à la tête au cours d’un songe décrit dans le premier jour. ”
Charles Monselet,
Monsieur de Cupidon. Aristide Chamois
(1854)
“ En se levant, M. de Cupidon crut qu'il était du ton le meilleur d'aller prendre le menton à la dame de comptoir, quelque insuffisante qu'elle fût. C'était un tic qu'il avait contracté jadis , et dont il s'était toujours bien trouvé. Cette action, qu'il accomplit avec la simplicité d'un homme qui éternue , occasionna un scandale effroyable. La dame manqua de s'évanouir ; — et une famille, qui se régalait dans un coin, murmura les mots de garde et de poste. Le maître du restaurant accourut, avec ses garçons rangés en bataille. ”
Francis Bacon,
Oeuvres de Bacon
(1880)
“ Le sentiment de ceux qui n'admettaient qu'un seul principe et qui étaient moins jaloux de l'emporter dans la dispute que d'observer la nature telle qu'elle était, nous paraît autant ou plus fondé que les précédents; ils méritent surtout des éloges pour n'avoir attribué à Cupidon qu'une seule espèce de vêtement, qui, comme nous l'avons dit, est plutôt une sorte de voile léger qu'une toile forte et épaisse. Nous appelons vêtement de Cupidon une forme quelconque attribuée à la matière première, en supposant de plus qu'elle a quelque analogie de substance avec la forme de tel être du second ordre. ”
Alexandre Dumas,
Le Chevalier de Maison-Rouge
“ Lorin l’arrêta. — Mon cher, dit-il à Maurice, nous avons fait tout ce qu’il était humainement possible de faire pour retrouver ta Geneviève ; nous nous sommes éreintés ; nous nous sommes roussis ; nous nous sommes gourmés pour elle. Cupidon, si exigeant qu’il soit, ne peut exiger davantage d’un homme qui est amoureux, et surtout d’un homme qui ne l’est pas ; montons en fiacre, et rentrons chacun chez nous. ”
Auguste François Louis Scipion de Grimoard Beauvoir Du Roure, Analectabiblion, Tome 1 (of 2)
“ Cupidon, la Fille, le Moine, le Gendarme. Au début, Cupidon, assis sur un trône, convoque les amans de tous les pays. Une jeune fille, qui n'est pas encore pourvue, se présente au dieu pour implorer son assistance. Cupidon lui donne bon espoir, mais la détourne du mariage et lui conseille de prendre un ami au jour la journée. La Fille, convaincue par les raisonnemens du dieu qui raisonne le plus mal, se dispose à faire son choix entre un jeune Moine et un vieux Gendarme qui sont venus également demander secours à Cupidon. ”
Charles Monselet,
Monsieur de Cupidon. Aristide Chamois
(1854)
“ M. de Cupidon fit un geste : il tressaillit et lança un regard olympien sur la jeune femme inclinée devant lui. — Galant homme! galant homme! murmura-t-il mielleusement entre ses dents et en composant sonvisage; certainement cette qualification a son prix, mais elle a aussi ses désavantages : ainsi, chère baronne, permettezmoi une supposition ; mettons en fait pour un instant que vous ayez affaire, non pas précisément à un malhonnête homme, mais à un infortuné sur qui vos charmes ont produit une si vive impression qu'il ne peut résister plus longtemps au désir de vous en faire l'aveu... ”
Les muses du foyer de l'Opéra… (1883)
“ Le vermillon d'amour anime sa figure : Bref, on l'eût volontiers nommé saint Cupidon Mon amant va venir, Antoine, je t'adore ; Et le Saint est couvert du feu qui la dévore ; Aux pieds, aux mains, au front, partout il est baisé; Des plus doux noms en foule il est favorisé. ”
Francis Bacon,
Oeuvres de Bacon
(1880)
“ Ce n'est pas moins manquer de philosophie que de ne point demander ou chercher celles des choses qui, étant subordonnées à d'autres, sont susceptibles d'explication. Ainsi, c'est avec fondement que les sages de l'antiquité supposent que Cupidon est sans père, c'est-à-dire sans cause. Or, cette observation sur laquelle nous insistons ici n'est rien moins qu'indifférente, j'oserai même dire qu'il en est peu d'aussi importante ; car rien n'a plus contribué à dénaturer la philosophie que la recherche qui a pour objet les père et mère de Cupidon ”
Charles Monselet,
Monsieur de Cupidon. Aristide Chamois
(1854)
“ M. de Cupidon se recula; — et, dans ce mouvement, son regard tomba sur une troisième femme — qui se tenait dans une attitude pensive, le coude au genou et le menton dans la main. D'abondants cheveux tombaient en désordre le long de ses joues, comme des grappes de 60 M. DE CUPIDON. raisin noir. Ses yeux paraissaient errer constamment dans le vague. M. de Cupidon remarqua qu'elle avait des chaussettes d'azur. — Et toî , lui demanda-t-il , qui es-tu et quelles sont tes amours ? — Je suis la femme qui aime et qui chante, et chez laquelle l'âme et l'esprit ne font qu'un. ”
Octave Uzanne,
Contes pour les bibliophiles
“ En ces dernières années, il ne restait plus de Cupidon qu’une jambe verdie par la mousse, mais l’inscription était encore visible, ou plutôt les inscriptions, car à un certain moment l’inscription Amour fut grattée et remplacée par Philosophie, laquelle ne triompha pas longtemps, car, depuis 93 sans doute, le pauvre Cupidon, sans-culotte inconscient, inscrivait gravement sur son cippe le mot Civisme ! ”
James Fenimore Cooper,
L’Heidenmauer
“ Un de ces hommes dont le cœur est percé comme un tamis par les traits nombreux que lui lance Cupidon, à droite et à gauche, dans une grande ville, aurait peut-être eu recours au même expédient, simplement pour observer jusqu’à quel point il peut jouer avec les sentiments de celle qu’il prétend aimer. ”
Alessandro Baudi di Vesme, Le peintre-graveur italien : ouvrage faisant suite au Peintre-graveur de Bartsch (1906)
“ Vénus et Cupidon. Vénus, presque complètement nue, est assise dans un paysage, la tête à la gauche de l'estampe et les pieds à la droite. Cupidon est appuyé sur le flanc droit de sa mère. A droite, un peu en arrière, deux Amours planant dans l'air ornent un hermès de Pan. Au fond, à gauche, on voit un arbre auquel est suspendu l'arc de Cupidon. Sur le terrain, à gauche : « Anto. dell'agala intagl. » Au bas, une marge blanche. – Planche : H. 126 mm. ; L. 85 mm. Gravure : H. 108 mm. ; L. 81 mm. ”
George Sand,
Les Beaux Messieurs de Bois-Doré
(1858)
“ Et, au-dessus du groupe, Cupidon décochait une flèche plus grosse que lui dans le cœur de Galatée, bien qu’il visât dans son épaule, par la faute d’un arbre qui l’empêchait de se bien placer. Mais les traits d’amour sont si subtils ! Que ne dirai-je point du troisième panneau, qui montrait le terrible combat du blond Filandre avec le More terrible, celui-ci qui tenait l’autre embroché de part en part, tandis que, sans se déconcerter, le vaillant berger enfonçait dextrement le bout ferré de sa houlette entre les deux yeux du monstre ? ”
Château de Moreuil. Collections… (1884)
“ Autour d'eux des tritons, des naïades ; un triton soufle dans une conque ; dans les airs des amours lancent des flèches, jettent des fleurs. L'un d'eux porte un flambeau allumé, et Cupidon apparaît dans un char que des colombes soutiennent par des liens tout en volant. ”
Camille Aymonier,
Ausone et ses amis
(1935)
“ Cupidon dégrafe sa cuirasse; il s'est jeté lourdement sur un tapis de roses. La déesse met en œuvre tous les artifices et les manèges de la coquetterie : minauderies, feintes colères, coups d'éventail, lèvres qui s'offrent au baiser et se refusent, voiles flottants ou repliés, qui ne découvrent ni ne cachent jamais tout entière la beauté nue. « Mars la dévore des yeux, son corps tout entier s'embrase et frissonne... » L'époux outragé apprend son infortune par le jaloux Phébus. ”
