George Sand

George Sand

Résumé

Portrait de George Sand George Sand La Daniella

Quelque paysagiste que l’on soit, on a le cœur serré, en voyant qu’ici la nature elle-même est une ruine muette et délaissée.
Le soleil baissait rapidement, et, de temps à autre, j’apercevais le dôme de Saint-Pierre dans la brume, moins imposant, à coup sûr, que je ne l’avais rêvé, terne, lugubre, semblable à un mausolée dominant un vaste cimetière. D’une des médiocres hauteurs où je pus atteindre, je me souvins de l’avertissement de Brumières ; mais je cherchai en vain la diligence, et, comme il commençait à faire frais, je poursuivis ma route.
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Portrait de George Sand George Sand La Daniella

Daniella était triste en cueillant ces fleurs et en regardant l’âpre paysage qui nous environnait : des plaines incultes, des taillis impraticables, des ruisseaux sans cours, formant marécage jusque sur les cimes battues du vent ; tout cela s’étendant, d’un côté jusqu’à Monte-Cavo (mons Albanus) , de l’autre jusqu’au revers de l’arx de Tusculum, qui vu de la hauteur, se trouvait beaucoup plus près que, de mon refuge dans le précipice, je ne l’avais imaginé.
— Allons-nous-en, me dit Daniella ; mon corps et mon âme se refroidissent ici. Le bruit de cette cascade me fait mal.
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Portrait de George Sand George Sand La Daniella

Peut-être n’est-elle pas belle pour les autres : voilà ce que j’aimerais à me persuader. Je me souviens maintenant avec plaisir d’avoir entendu dire à Medora qu’elle était laide, et à Brumières qu’elle était agréable seulement. Si cette beauté mystérieuse, qui me fascine et m’enivre, n’était visible et appréciable que pour moi, combien je serais fier d’avoir reçu d’en haut le don de la comprendre !
Lune de miel, direz-vous peut-être ! Non, non, vie de miel et d’ambroisie pour l’éternité ! Tout ce qui peut m’arriver en ce monde n’est rien que le cours inévitable d’une destinée fugitive.
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