“ Ma contemplation était si douce et mon corps si fatigué, que je m’endormis comme lord B*** avait voulu s’endormir la veille, au bruit de la cataracte. Quand je m’éveillai, Tartaglia était auprès de moi. Vous avez tort de dormir là à l’humidité, me dit-il. Il y a de quoi être malade. Il avait raison : je me sentais mal partout. J’eus peine à remonter au temple. Chemin faisant, Tartaglia, qui était retourné la veille à Rome, m’apprit qu’il venait me chercher avec une voiture par l’ordre de la Medora. ”
Tartaglia
Définition et enjeux
Le personnage de Tartaglia, souvent lié à la comédie et aux intrigues, apparaît dans divers textes comme une figure ambiguë, oscillant entre le complice fidèle et l’habile manipulateur. George Sand le présente dans La Daniella comme un compagnon imprévisible, tandis que Carlo Gozzi le met en scène dans un cadre théâtral où ses paroles et ses gestes déclenchent des conflits comiques.
Paul de Musset, quant à lui, le dépeint comme un ministre corrompu, guidé par la jalousie et la vengeance. Ces représentations diversifiées révèlent Tartaglia comme un outil narratif polyvalent, capable de refléter les tensions sociales et les enjeux de pouvoir de son époque.
Citations sur “Tartaglia”
Carlo Gozzi, Théâtre fiabesque de Carlo Gozzi (1865)
“ TARTAGLIA. Ne pleurez pas, mon soleil, ma lune ! (A part.) Mon onguent a fait merveille pour attendrir les durillons de son cœur. (Haut.) Je les ai mis en prison, mon Angéla, pour apaiser le peuple qui frémissait dans son amour pour mon fidèle Tartaglia; mais, après examen, soyez assurée que votre père et votre frère seront sauvés quand même ils seraient coupables. ANGÉLA, à part. Ah ! traître ! TARTAGLIA. Et si, pour les délivrer plus vite, votre cœur se hâte de céder au mien, ils seront libres tout de suite. ”
“ Taisez-vous, Carcioffo, reprit Tartaglia; vous ne devez jamais contredire votre supérieur!Voyant que le capucin se prêtait en riant à être l'esclave et le jouet de Tartaglia, pourvu que celui-ci consentît à le nourrir, je crus devoir ne pas me mêler de leurs relations. Seulement, je les observais sans en avoir l'air, afin d'intervenir s'il arrivait que le pauvre frère devint victime de la malice de notre Scapin ou de sa propre cupidité. Mais je fus bientôt à même de constater que Tartaglia, au milieu de tous ses vices de bohémien, est naturellement bon et même charitable et généreux. ”
