George Sand

George Sand

Résumé

Portrait de George Sand George Sand Le Piccinino

Je ne veux pas qu’on l’éveille !
― Mais, ma chère...
― Non, vous dis-je, Magnani ; vous me feriez beaucoup plus de mal si vous causiez ce chagrin à mon père.
― Mais qu’y a-t-il donc, Mila ? Votre père ne vous a pas grondée ? Vous ne méritez jamais de reproches, vous ! Et lui, il est si bon, si doux, il vous aime tant !
― Oh ! bien certainement, il ne m’a jamais dit un mot qui ne fût pas une parole d’amour et de bonté. Vous voyez bien que vous rêvez, Magnani ; je n’ai pas de chagrin, je ne pleure pas.
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Portrait de George Sand George Sand Le Piccinino

Ma poitrine s'est élargie, il est vrai, et mon cœur s'y est développé comme un polype qui me ronge, qui absorbe toute ma vie; mais mon front s'est rétréci, j'en suis certain; l'imagination s'est affaissée sur elle-même; la poésie est morte en moi; il ne m'est resté que la raison, le dévouement, la fermeté, le sacrifice... c'est-à-dire la souffrance! Ah! Michel, déploie tes ailes et quitte cette terre de douleurs! vole, comme un oiseau, aux coupoles des palais et des temples, et, de là-haut, regarde ce pauvre peuple qui se traîne et gémit sous tes pieds.
Source : Gutenberg

Portrait de George Sand George Sand Le Piccinino

Un monde de souvenirs se déroulait devant moi, et la petite Alezia s’y présentait comme l’objet d’une tendresse déjà craintive et douloureuse. Je me rappelais son orgueil, sa haine pour moi, et les paroles qu’elle m’avait dites un jour lorsqu’elle avait vu la bague de son père à mon doigt. Qui sait, pensais-je, si ses préjugés sont à jamais abjurés ? Peut-être que, si en cet instant elle apprenait que je suis Nello, son ancien valet, elle rougirait de m’aimer. — Signora, lui dis-je, vous aimiez autrefois, dites-vous, à percer le cœur de vos poupées avec une grande épingle.
Source : Wikisource

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