George Sand,
Le Poëme de Myrza
(1855)
“ En ce cas, Magnani, il ne faut point songer à Mila. Mila aime quelqu'un, et ce n'est pas toi. Et, ce qu'il y a de pire, c'est que ni son père, ni moi, ne pouvons le deviner. Plût au ciel qu'une fille si dévouée, si laborieuse et si modeste jusqu'à ce jour, eût pris de l'inclination pour un homme tel que toi ! Vous eussiez noblement élevé une famille, et votre union eût édifié le prochain. Mais Mila est un enfant, et un enfant romanesque, j'en ai peur. Désormais on veillera sur elle avec plus de soin ; j'avertirai son père, et toi, homme de coeur, tu te tairas, tu l'oublieras. ”
