François-René de Chateaubriand

François-René de Chateaubriand

Résumé

Portrait de François-René de Chateaubriand François-René de Chateaubriand Les Natchez

René tourne la tête ; la hache lancée l’atteint et s’enfonce dans son front, comme la cognée dans la cime du chêne, comme le fer qui mutile une statue antique, image d’un dieu et chef-d’œuvre de l’art. René tombe dans sa cabane : René n’est plus !
Ondouré a fait retirer ses complices : il est seul avec Céluta évanouie, étendue dans le sang et auprès du corps de René. Ondouré rit d’un rire sans nom. À la lueur du flambeau expirant, il promène ses regards de l’une à l’autre victime. De temps en temps il foule aux pieds le cadavre de son rival et le perce à coups de poignard.
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Portrait de François-René de Chateaubriand François-René de Chateaubriand Les Natchez (1872)

« Outougamiz, semblait dire le brillant fantôme; élève-toi par l'adversité. Que les vertus de la nature te servent d'échelons pour atteindre aux vertus plus sublimes de la religion de cet homme à qui tu as dévoué ta vie : alors je reviendrai vers loi, et tu pourras compter sur les secours de l'Ange de l'Amitié. »
Ainsi parle la vision au jeune Natchez, plongé dans le sommeil. Un parfum d'ambroisie, embaumant les lieux d'alentour, répand la force dans l'àme du frère de Céluta, comme l'huile sacrée qui fait les rois, ou prépare l'âme du mourant aux béatitudes célestes.
Source : Gallica

Portrait de François-René de Chateaubriand François-René de Chateaubriand Les Natchez

Le temple d’Athaensic était bâti au milieu d’une cyprière qui lui servait de bois sacré. Les révélations de Mila avaient appris à Céluta que la gerbe de roseau était déposée sous l’autel. Dans l’intérieur du temple, un jongleur, remplacé de deux heures en deux heures par un autre jongleur, veillait au trésor de la vengeance ; au dehors une garde d’Allouez avait ordre de tuer quiconque s’approcherait du fatal édifice. Que ne peut l’amour dans le cœur d’une femme, même lorsqu’elle n’est pas aimée ! C’était cet amour qui avait inspiré à l’épouse de René l’idée d’emprunter la forme d’un fantôme.
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