François-René de Chateaubriand,
Les Natchez
“ René, arrêté sur le seuil, contemple en silence ce triste et touchant spectacle ; il devine que ces vœux adressés au ciel sont offerts pour lui : son cœur s’ouvre à la plus tendre reconnaissance ; ses yeux, dans lesquels un brûlant chagrin avait depuis longtemps séché les larmes, laissent échapper un torrent de pleurs délicieux. Il s’écrie : « Céluta ; ma Céluta ! » et il vole à l’infortunée, qu’il relève, qu’il presse avec ardeur. Céluta veut parler, l’amour, la terreur, le désespoir, lui ferment la bouche ; elle fait de violents efforts pour trouver des accents ”
