Judith Gautier,
Le Vieux de la montagne
“ Vraiment ? dit Raschid. Eh bien, moi, je le condamne, non pas à mourir : c’est trop doux et trop prompt, la mort. Je te condamne à vivre. Vous croyez m’échapper, n’est-ce pas ? Elle a renié sa foi ; vos âmes sont d’accord, toutes prêtés à s’envoler ensemble dans l’éternelle félicité ! Non, non : elle seule va mourir, et toi, vivant, tu la pleureras. D’après tes croyances, le suicide te séparerait d’elle, en te damnant : tu vivras donc, et la jeunesse me répond de la longueur du supplice, — Oh ! grâce ! s’écria Hugues en se laissant tomber à genoux. Faites-moi mourir avec elle ! ”

