Judith Gautier

Judith Gautier

Résumé

Portrait de Judith Gautier Judith Gautier Le Dragon Impérial

Comme d'un murmure confus, elle se souvenait de la vie, de Pey-Tsin, des bonzes, du palais; le champ de Chi-Tse-Po lui apparaissait vaguement, frais et ensoleillé, avec ses deux tours de pagode sur le ciel clair, minces et lointaines. Alors l'ombre l'étouffait, lui pesait comme une pierre de sépulcre, et, tendant les bras, elle poussait de longs cris de douleur. Ta-Kiang seul se dressait nettement dans son rêve. «Il marche, disait-elle; quand il aura conquis le monde, il viendra me délivrer.» Elle pensait aussi à un frère bien-aimé, à Ko-Li-Tsin, si doux pour elle.
Source : Gutenberg

Portrait de Judith Gautier Judith Gautier Le Dragon Impérial

Tu ne veux pas de ma puissance, de ma fortune, de ma gloire ? Que t’ai-je fait ? Je t’aime, je pleure, je te cherche dans l’ivresse. Hautain avec tous, je suis devant toi comme un vil esclave ; tu es le prince, je suis le peuple au front courbé. Mais tu dédaignes de m’infliger des impôts. Pourquoi détiens-tu ma joie ? Pourquoi, avec un doux visage, as-tu le cœur plus cruel que le lynx au corps souple ?
— Parce que je ne t’aime pas, dit Yo-Men-Li.
— Oh ! ne dis pas cela ! soupira le prince Ling, en appuyant sa main pâle sur la bouche de la jeune fille.
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Portrait de Judith Gautier Judith Gautier Le Dragon Impérial

La lune monte vers le cœur du ciel nocturne et s’y repose amoureusement.
Sur le lac lentement remué, la brise du soir passe, passe, repasse en baisant l’eau heureuse.
Oh ! quel accord serein résulte de l’union des choses qui sont faites pour s’unir !
Mais les choses qui sont faites pour s’unir s’unissent rarement.
La nuit emplissait la Salle du Repas lorsque Yo-Men-Li, cachée dans les longs plis de la nappe de satin, se réveilla de son évanouissement.
— Où suis-je ? dit-elle en regardant avec effroi l’obscurité. Dans un affreux cachot, sans doute.
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