Résumé

Portrait de Judith Gautier Judith Gautier Le Second Rang du Collier

C’est une bête d’une extrême douceur et qui n’a pas plus de fiel qu’une colombe. Rien de plus drôle que sa mine ébouriffée et son masque composé de deux yeux pareils à des petits clous de fauteuil et d’un petit nez qu’on prendrait pour une truffe du Piémont. Des mèches, frisées comme des peaux d’Astrakan, voltigent sur ce museau avec des hasards pittoresques, lui bouchant tantôt un œil, tantôt l’autre, ce qui lui donne la physionomie la plus hétéroclite du monde en la faisant loucher comme un caméléon.
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Portrait de Judith Gautier Judith Gautier Le Second Rang du Collier

On nous conduisait alors dans le salon, où l’on maintenait toujours une obscurité presque complète ; le comte nous faisait asseoir devant une table, en nous recommandant de poser dessus nos mains étendues, de ne pas bouger et de nous taire ; puis il s’en allait échanger de mystérieuses confidences avec Mlle Huet.
Ces longues stations, dans la pénombre, ne nous amusaient guère. Nous aurions bien voulu entendre le sabbat des armoires et surtout voir le comte d’Ourch enlevé dans son lit jusqu’au plafond ; les coups sourds frappés dans la table, nous payaient mal l’ennui de l’attente.
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Portrait de Judith Gautier Judith Gautier Le Second Rang du Collier

La rue de Longchamp n’avait jamais vu semblable animation, pareil encombrement de voitures. Les portières claquaient ; les femmes, encapuchonnées de dentelles, entraient, par la petite porte de la cour, et se hâtaient vers la tente de coutil rouge et blanc, pour avoir de bonnes places.
Les acteurs, très agités, se disputaient les petits jours ménagés dans le rideau et regardaient la salle s’emplir. Cette assemblée valait certes la peine d’être vue :
Elle était illustre et choisie,
comme le dit Théodore de Banville, dans le feuilleton en vers qu’il improvisa, la nuit même de la fête.
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