Résumé

Portrait de Romain Rolland Romain Rolland Jean-Christophe – L’Aube

Tout est musique pour un cœur musicien. Tout ce qui vibre, et se meut, et s’agite, et palpite, les jours d’été ensoleillés, les nuits où le vent siffle, la lumière qui coule, le scintillement des astres, les orages, les chants d’oiseaux, les bourdonnements d’insectes, les frémissements des arbres, les voix aimées ou détestées, les bruits familiers du foyer, de la porte qui grince, du sang qui gonfle les artères dans le silence de la nuit, — tout ce qui est, est musique : il ne s’agit que de l’entendre.
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Portrait de Romain Rolland Romain Rolland Jean-Christophe – L’Aube (1931-1934)

Le fleuve apparut à l'enfant comme un être, — inexplicable, mais combien plus puissant que tous ceux qu'il connaissait ! Christophe se pencha pour mieux voir ; il colla sa bouche et écrasa son nez sur la vitre. Où allait-il? Que voulait-il? Il avait l'air sûr de son chemin... Rien ne pouvait l'arrêter. A quelque heure que ce fût du jour ou de la nuit, pluie ou soleil au ciel, joie ou chagrin dans la maison, il continuait de passer; et l'on sentait que tout lui était égal, qu'il n'avait jamais de peine et qu'il jouissait de sa force.
Source : Gallica

Portrait de Romain Rolland Romain Rolland Jean-Christophe – L’Aube (1931-1934)

Que veux-tu que je fasse, qui te remue le cœur?
— Quelle belle amitié que la nôtre ! soupirait Otto. En fut-il jamais une semblable dans l'histoire? C'est doux et frais comme un rêve. Pourvu qu'il ne passe point! Si tu allais ne plus m'aimer!
— Comme tu es stupide, mon aimé, répliquait Christophe. Pardonne, mais ta crainte pusillanime m'indigne. Comment peux-tu me demander si je puis cesser de t'aimer ! Vivre, pour moi, c'est t'aimer. La mort ne peut rien contre mon amour. Toi-même, tu ne pourrais rien, si tu voulais le détruire.
Source : Gallica

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