Résumé

Portrait de Romain Rolland Romain Rolland Jean-Christophe – L’Adolescent

De même que la foi, la perte de la foi est souvent, elle aussi, un coup de la grâce, une lumière subite. La raison n’y est pour rien ; et il suffit d’un rien : un mot, un silence, un son de cloche. On se promène, on rêve, on ne s’attend à rien. Brusquement, tout s’écroule. On se voit entouré de ruines. On est seul. On ne croit plus.
Christophe épouvanté ne pouvait comprendre pourquoi, comment cela s’était produit. C’était comme, au printemps, la débâcle d’un fleuve...
La voix de Leonhard continuait de résonner, plus monotone que la voix d’un grillon.
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Et quand il se décida enfin à entrer, elle venait de se décider à repousser le verrou.
Alors il se traita de fou. Il pesa sur la porte de toute sa force. Sa bouche collée sur la serrure, il supplia :
— Ouvrez !
Il appelait Sabine, tout bas ; elle pouvait entendre son souffle haletant. Elle restait près de la porte, immobile, glacée, claquant des dents, sans force ni pour ouvrir, ni pour se recoucher...
L’ouragan continuait à faire craquer les arbres et battre les portes de la maison... Ils retournèrent, chacun vers son lit, le corps brisé, le cœur plein de tristesse.
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C’était ce que les poètes, qui ne touchent aux choses que d’une main élégante, nomment l’inquiétude de l’adolescence, le trouble de Chérubin, l’éveil du désir amoureux dans la chair et le cœur juvéniles. Comme si l’effroyable crise de tout l’être qui craque, et meurt, et renaît de toutes parts, comme si ce cataclysme, où tout : la foi, la pensée, l’action, la vie tout entière, semble près de s’anéantir et se reforge dans les convulsions de la douleur et de la joie, pouvait se réduire à une niaiserie d’enfant !
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