Résumé

Portrait de Marie Lenéru Marie Lenéru Journal de Marie Lenéru

Oui, je mets une patience et une ingéniosité chinoise dans l’art d’espérer et je n’ai rien du pessimisme béat qui crache sur les raisins trop verts. Oui, j’aime la vie comme elle est. Que m’importe que les choses soient « vaines » et « passagères » ? Alors c’est l’éphémère et la vanité qui sont adorables... Si l’amour est un bonheur, si l’inconnu, le mystère et l’habitude et la nouveauté, sont des bonheurs ; si, l’esprit, la bonté, le rire, la méchanceté, le mouvement, la toilette, le changement, le bruit, il faut aimer tout cela, parce qu’il n’y a pas autre chose.
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J’ai demandé la beauté, le talent, la richesse, la gloire, « ce deuil éclatant du bonheur », l’amour, l’amitié, les aventures qui accélèrent l’existence, tout ce qui est la vie enfin et dont on ne peut se passer sans souffrance ou sans ennui.
Et pourtant, ne rien avoir serait encore une belle chose, comme le deuil sensible et hautain des vies monastiques. J’aurais su vivre plus que vous, mieux que vous, et je n’ai pas vécu. « Vous êtes une épée sans poignée, pure et brillante, et que nul n’a jamais brandie. » Eh bien, l’inutilité est une consécration.
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L’argent, c’est la conquête de la terre par les voyages, de l’art par les musées et des hommes par les réceptions et la charité. L’argent est le courant électrique entre la vie et nous : sans argent, il n’y a pas de contact.
À défaut de cela, il y a le talent, c’est une question de vie sine qua non, mais un talent dépassant toutes les mesures, c’est le mot de Marie Bashkirtseff : « Ce n’est pas un talent honorable qui me récompenserait de tous les ennuis, il faudrait un éclat, un triomphe qui s’appellerait Revanche ».
Et moi, j’ai tellement plus à venger !
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