Giacomo Leopardi,
Poésies et Œuvres morales
“ Je suis jeune, mais ma jeunesse se consume et se perd comme une vieillesse : la vieillesse ! je la crains, et pourtant j’en suis bien loin. Mais la fleur de mon âge en diffère si peu ! — Nous naquîmes tous deux pour les larmes, dit-elle ; la félicité n’a pas ri à notre vie, et le ciel s’est complu à nos chagrins. — Si maintenant, ajoutai-je, mes cils se voilent de larmes et mon visage de pâleur à cause de ton départ, et si je sens mon cœur lourd d’angoisse, dis-moi : aucune étincelle d’amour ou de pitié pour ton malheureux amant n’atteignit-elle ton cœur, pendant que tu vécus ? ”
