Antoinette Des Houlières,
Poésies de Madame Deshoulières
“ Qu’un cœur résiste mal à son pouvoir suprême ! Que de soins, que d’efforts pour empêcher qu’il n’aime ! Je sais ce qu’il en coûte, et peut-être jamais L’Amour n’a contre un cœur émoussé tant de traits. Insensible au plaisir, insensible à la gloire Que promet le succès d’une illustre victoire, Je ne suis point encor tombée en ces erreurs Qui donnent de vrais maux pour de fausses douceurs : Mes sens sur ma raison n’ont jamais eu d’empire, Et mon tranquille cœur ne sait comme on soupire. Il l’ignore, berger ; mais ne présumez pas Qu’un tendre engagement fût pour lui sans appas. ”
