Anaïs Marcelli

Résumé

Anaïs Marcelli Musée poétique illustré (1866)

L'absence, c'est le deuil, c'est le vide, la nuit.
Un soir qu'à sa douleur la pauvre enfant se livre, Qu'elle écoute tinter la cloche de minuit, Dans son sein tout à coup un mal affreux s'élance : Il lui semble qu'on vient de la blesser au cœur.
Elle crie! elle tombe!. Hélas!. loin de la France
La mort frappait le frère et prévenait la sœur !.
Depuis, la jeune fille est pâle, morne et sombre.
Qui remplace jamais un si parfait amour?
Loin de lui, tout s'efface, et l'on vit, comme une ombre, En pleurant le bonheur envolé sans retour.
Un si tendre martyre étonne Dieu lui-même !
Source : Gallica

Anaïs Marcelli Musée poétique illustré (1866)

Nuit et jour il me brûle, hélas ! C'est une flamme Dont tout mon corps frissonne et qui m'ôte les sens.
Esprit, raison, devoir, vertus! le cœur qui souffre, Par un immense amour tellement s'agrandit, Qu'il sait vous engloutir dans son sein, tel qu'un gouffre Qui se ferme à jamais sur ce qu'il a proscrit.
Adieu, terre!. reprends ma pénible existence : Dans la nuit du tombeau j'ai hâte de dormir; J'ai perdu mon idole et vu fuir l'espérance, Dieux! ouvrez-moi le ciel, vallon du souvenir.
Vénus, je veux te voir, le front paré d'opales, Dans l'océan du jour!.
Source : Gallica

Anaïs Marcelli Musée poétique illustré (1866)

Le palais est plus beau ! la nature est plus belle !
Et, les zéphyrs jaloux cherchant d'autres séjours, Sous l'ombrage, on n'entend que l'aile des amours!.
Et le grave pacha, dans cet air qui l'enivre, Se sent heureux d'aimer, se sent doublement vivre.
Comme tous les amants, il se berce d'espoir : Rempli de confiance en son royal pouvoir, Le désir d'être aimé parfois le lui fait croire.
L'amour est la plus jeune et la plus vieille histoire !
Dans le cœur du païen se produit un réveil
Plus suave et plus doux que l'aube du soleil!.
Source : Gallica

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