Résumé

René Fernandat Les signets du missel : poèmes sur la messe (1940)

Sans songer à voler sur l'aile des hasards.
Vous triomphez sur les océans de clarté Où cinglent sans répit les flottes des étoiles,
Sans éteindre leurs feux ni ramener leurs voiles : Votre amour les conduit, vêtu d'éternité.
Mais, Seigneur, n'avez vous pas donné votre sang Pour l'homme, ce pécheur, dont la vaste pensée S'en va du monde au Ciel, souveraine blessée Qui veut revoir l'azur d'un royaume innocent?
Mais je sais ma misère et connais ma grandeur. Puissé-je être la rose et la souple fougère,
La pâle scabieuse et l'étoile sévère Qui n'ont jamais brûlé d'une païenne ardeur!
Source : Gallica

René Fernandat Les signets du missel : poèmes sur la messe (1940)

En voyant resplendir le feu du sacrifice Brûlant dans votre cœur nos fautes sans éclat.
Immolez-vous, ô clair Sauveur, mystiquement,
Et n'allez pas souffrir, à nouveau, le tourment
De votre humaine agonie Ni le baiser de la nuit
Sur votre corps sacré! Il apporte la vie!
La mort, en vous voyant, se rappelle et s'enfuit.
Ne livrez votre cœur qu'à de tendres bourreaux, Ne donnez votre sang qu'à l'âme du héros!
Votre pain sera la victime Plus blanche que votre chair...
Et le vin descendra de vos Vignes sublimes Dans le calice où s'abreuvera l'univers.
Source : Gallica

René Fernandat Les signets du missel : poèmes sur la messe (1940)

Mais laissez tomber de vos mains en croix La goutte de sang qui lave les doigts!
Ayez pitié de l'enfant qui s'ennuie Et de la vierge au cœur inconsolé,
Ayez pitié de la femme qui prie :
Son bonheur a fui dans un songe ailé! Arrêtez l'élan de l'homme qui roule Vers sa fin, drossé par la noire houle!
Voyez là-bas : des chars de feu s'enfoncent Dans l'inconnu d'un aveuglant trépas,
Et près de vous les avions prononcent Votre nom... Seigneur! Prenez dans vos bras Tous ceux que la mort vous donna trop tôt, Et vous, donnez-leur l'éternel repos!
Source : Gallica

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