René Fernandat, Les signets du missel : poèmes sur la messe (1940)
“ Sans songer à voler sur l'aile des hasards. Vous triomphez sur les océans de clarté Où cinglent sans répit les flottes des étoiles, Sans éteindre leurs feux ni ramener leurs voiles : Votre amour les conduit, vêtu d'éternité. Mais, Seigneur, n'avez vous pas donné votre sang Pour l'homme, ce pécheur, dont la vaste pensée S'en va du monde au Ciel, souveraine blessée Qui veut revoir l'azur d'un royaume innocent? Mais je sais ma misère et connais ma grandeur. Puissé-je être la rose et la souple fougère, La pâle scabieuse et l'étoile sévère Qui n'ont jamais brûlé d'une païenne ardeur! ”
