Résumé

Justin Maurice Pensées du ciel et de la solitude (1834)

Il monte du désert, des flancs de la colline, Du gazon qui frémit et du feuillage mort, De l'horizon qui s'illumine, Du lac qui dans son lit s'endort.
Le soupir de chaque être est une mélodie ; L'air, la terre, les flots ne sont qu'une harmonie, Un indéfinissable accord.
Fais silence, mon ame, au chant de la nature !
Que seraient les accens d'un débile mortel, Que serait un faible murmure Perdu dans l'hymne universel?
Contemple, écoute, adore; et, déployant ton aile, Perds-toi dans l'harmonie, et, montant avec elle, Porte ton encens dans le ciel.
Source : Gallica

Justin Maurice Pensées du ciel et de la solitude (1834)

Il est beau, tu l'as dit, poète, en ton délire, D'être roi dans les camps, dans les arts, dans la lyre ; D'être Homère, Annibal, Dante, Napoléon.
Il est beau, sur son front de porter une flamme ; Et d'écouter la foule alors qu'elle proclame Avant tous les noms votre nom !
Il est beau d'être seul, debout, sur la colline Que le soleil naissant de ses feux illumine, Seul, avec son génie, avec l'ange, avec Dieu ; Et de voir sous ses pieds s'écouler le vulgaire, Ou bien d'être traîné sur le char populaire Dont votre main guide l'essieu !
Source : Gallica

Justin Maurice Pensées du ciel et de la solitude (1834)

Tous les êtres, formant un amoureux murmure, M'ont dit : Tout est amour dans l'immense univers.
Tout est amour, amour : il anime, il consume Tous les êtres créés. 0 soleil des vivans !
Que pour mon cœur aimant ta flamme aussi s'allume, Verse enfin sur mes jours tes rayons bienfaisans.
Étoile du matin, brille sur la colline, Perce l'obscurité qui te cache à mes yeux.
Ange que j'ai rêvé, que le ciel me destine, Viens au plutôt vers moi de la terre ou des cieux.
Vents ailés du printemps, bienfaisante rosée, Soufflez, tombez pour moi du céleste séjour.
Source : Gallica

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