Georges de Tollemonde

Résumé

Georges de Tollemonde Les solitudes, 1885-1892 (1893)

La terre est-elle seule habitée et vivante?
Dieu pour charmer nos yeux créa-t-il l'univers?
De toutes les erreurs que l'ignorance invente, Hommes présomptueux au cœur lâche et pervers, Le rêve le plus plat, la plus vaine folie C'est de croire qu'au ciel la terre se relie, Comme au fleuve l'écume, et comme au vin la lie, Sans ces mondes dont l'âme a cent rameaux divers.
Non, ce n'est pas en vain qu'ils épanchent leurs ondes Sur le front de la nuit baignée en leur clarté : La gravitation de ces masses profondes Est un acte d'amour et d'immortalité.
Source : Gallica

Georges de Tollemonde Les solitudes, 1885-1892 (1893)

Puissé-je t'encenser dignement, ô ma reine, Et voir se redresser ton front avec orgueil, Ta taille se cambrer et ta tète sereine M'inonder des clartés qui tombent de ton œil.
La fleur est moins suave, ange, que ton haleine, Et l'astre au front d'argent est moins beau que tes yeux; Plus touchante est ta voix que celle dans la plaine Que l'oiseau nous prodigue en sons harmonieux.
Ton sourire est plus doux que le miel des abeilles; Ton charme souverain se répand jusqu'à moi Et je n'ai, pour bénir ton art et tes merveilles, Que l'encens de mon cœur qui s'élève vers toi.
Source : Gallica

Georges de Tollemonde Les solitudes, 1885-1892 (1893)

De son plus rare écrin il tire ce qu'il aime Le mieux: une âme fière en toute sa candeur; Et ce clair diamant, mystérieuse étoile, Il vient de l'enchâsser dans le fond de ton cœur, Dont la fine enveloppe est couverte d'un voile.
Dix-huit ans! c'est le ciel, l'amour et le printemps, C'est la verte jeunesse en sa fleur la plus frêle, C'est un cygne endormi près des flots inconstants Dont le flux vient lécher la blancheur de son aile.
En sommeillant ainsi devant l'océan noir,
Il berce un rêve heureux
Source : Gallica

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