Jules Perrier, Délassements poétiques (1858)
“ Tels on voit sur les flots que l'orage a jaunis Deux beaux cygnes nager sans souiller leur plumage ; Tels dans les airs calmés ils s'élèvent unis, Errant au gré des vents de nuage en nuage. Dans ton sein palpitant, vierge au front radieux, Laisse, laisse l'amour couler, couler encore ; Car le cœur sans amour est un temple sans dieux, C'est un ciel sans soleil. c'est un tombeau sonore. Mais l'âme affectueuse est un vase penché D'où s'écoule à grands flots la tendresse, la vie; De dévouement, d'amour, c'est un foyer caché ; C'est la harpe du ciel vibrante d'harmonie. ”
