Jules Perrier

Résumé

Jules Perrier Délassements poétiques (1858)

Tels on voit sur les flots que l'orage a jaunis Deux beaux cygnes nager sans souiller leur plumage ; Tels dans les airs calmés ils s'élèvent unis, Errant au gré des vents de nuage en nuage.
Dans ton sein palpitant, vierge au front radieux, Laisse, laisse l'amour couler, couler encore ; Car le cœur sans amour est un temple sans dieux, C'est un ciel sans soleil. c'est un tombeau sonore.
Mais l'âme affectueuse est un vase penché D'où s'écoule à grands flots la tendresse, la vie; De dévouement, d'amour, c'est un foyer caché ; C'est la harpe du ciel vibrante d'harmonie.
Source : Gallica

Jules Perrier Délassements poétiques (1858)

La lyre, entre mes mains, est un titre nuisible.
A la cacher, le jour, le sort m'a condamné ; Et bien souvent, la nuit, mon vol est enchaîné!.
Ainsi, quand le globe superbe Gravit les monts dorés du jour , Le pasteur voit et sur l'onde et sur l'herbe Tomber, reluire, en lumineuse gerbe, L'ardeur, la vie et la sève et l'amour.
Brises, ramures, tout s'agite; Le flot plaintif se précipite; L'aigle bat de l'aile et palpite Dans son nid ruisselant de feu.
Tout sourit, terre et créature; Tout chante, onde, oiseaux et verdure,
Et l'homme, roi de la nature, Lève son front et pense à Dieu.
Source : Gallica

Jules Perrier Délassements poétiques (1858)

Cri d'un jeune marin qui, debout sur la plage, Voit s'accroître et monter les flots chargés d'orage D'un océan d'iniquités!
Cri d'angoisse et d'effroi d'une muse encor pure Qui de son aile blanche a rasé ta souillure.
Sol imprégné d'impuretés !.
Mon âme, m'écriai-je, est mortellement triste!.
J'ai vu de près, Seigneur, cet âge qui persiste A tracer un sillon maudit.
Déjà ton nom sacré n'est plus que sur ses lèvres, Et dans son cœur blasé, brûlé par mille fièvres, L'argent, son seul dieu, resplendit.
La prière décroît. La jeunesse s'en moque.
Source : Gallica

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