Victor Hugo,
Le livre des mères : les enfants
(1870)
“ Et, pendant que tout vit, ô Dieu, dans ta clémence, Que la mouche connaît la feuille du sureau, Pendant que l'étang donne à boire au passereau, Pendant que le tombeau nourrit les vautours chauves, Pendant que la nature, en ses profondeurs fauyes, Fait manger le chacal, l'once et le basilic, L'homme expire! — Oh! la faim, c'est le crime public; C'est l'immense assassin qui sort de nos ténèbres. Dieu! pourquoi l'orphelin, dans ses langes funèbres, Dit-il : « J'ai faim! » L'enfant, n'est-ce pas un oiseau? Pourquoi le nid a-t-il ce qui manque au berceau? ”
