Résumé

Portrait de Victor Hugo Victor Hugo Le livre des mères : les enfants (1870)

Et, pendant que tout vit, ô Dieu, dans ta clémence, Que la mouche connaît la feuille du sureau, Pendant que l'étang donne à boire au passereau, Pendant que le tombeau nourrit les vautours chauves, Pendant que la nature, en ses profondeurs fauyes, Fait manger le chacal, l'once et le basilic, L'homme expire! — Oh! la faim, c'est le crime public; C'est l'immense assassin qui sort de nos ténèbres.
Dieu! pourquoi l'orphelin, dans ses langes funèbres, Dit-il : « J'ai faim! » L'enfant, n'est-ce pas un oiseau? Pourquoi le nid a-t-il ce qui manque au berceau?
Source : Gallica

Portrait de Victor Hugo Victor Hugo Le livre des mères : les enfants (1870)

Quelquefois nous parlons, en remuant la flamme, De patrie et de Dieu, des poètes, de l'âme
Qui s'élève en priant;
L'enfant paraît, adieu le ciel et la patrie Et les poètes saints ! la grave causerie
S'arrête en souriant.
La nuit, quand l'homme dort, quand l'esprit rêve, à l'heure Où l'on entend gémir, comme une voix qui pleure,
L'onde entre les roseaux,
Si l'aube, tout à coup, là-bas luit comme un phare, Sa clarté dans les champs éveille une fanfare
De cloches et d'oiseaux !
Enfant, vous êtes l'aube et mon âme est la plaine Qui des plus douces fleurs embaume son haleine
Source : Gallica

Portrait de Victor Hugo Victor Hugo Le livre des mères : les enfants (1885)

Ils luttent; l'ombre emplit lentement leurs yeux d'ange,
Et de leur bouche froide il sort un râle étrange,
Et si mystérieux, qu'il semble qu'on entend,
Dans leur poitrine, où meurt le souffle haletant,
L'affreux coq du tombeau chanter son aube obscure.
Tel qu'un fruit qui du givre a senti la piqûre,
L'enfant mourut. La mort entra comme un voleur
Et le prit. — Une mère, un père, la douleur.
Le noir cercueil, le front qui se heurte aux murailles,
Les lugubres sanglots qui sortent des entrailles,
Oh! la parole expire ou commence le cri
Source : Gallica

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