Ph. Vigne, Fables et semblants de fables (1873)
“ Quand vint la nuit l'agneau se rend Auprès de maître loup, qui gémit et qui pleure Sur tous ses maux qu'il n'a point mérités. Il l'attire vers lui, le place à ses côtés; Et, doucement, de sa patte il effleure La peau De l'agnelet, qu'il trouve gras et beau. Puis le caresse et le mignotte, Le baise tendrement, tendrement le dorlotte Comme un enfant dans son berceau. A tant palper ce pauvre agneau La faim lui monte au ventre et la fièvre le quitte; Et tout d'abord son naturel l'excite A commettre un crime nouveau. ”
