Marie-Amable Petiteau

Résumé

Marie-Amable Petiteau Œuvres

Moi, dit un autre enfant, j’ai l’humeur un peu fière
Et je crois même assez guerrière ;
Car lorsque je me bats, c’est, ma foi, tout de bon :
J’aime mieux être roi lion.
Pauvre petit oiseau des vautours craint la serre ;
Mais griffe et roi font peur plus qu’un coup de canon,
Que vous avez d’ambition !
Dit le troisième enfant, riant de leur folie ;
Moi, si d’être animal j’avois la fantaisie,
Je ne voudrois qu’être renard.
Dans les châteaux, ou bien dans la chaumière,
Soit par adresse, ou par hasard,
Tomberoit sous ma dent ce qui pourroit me plaire.
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Marie-Amable Petiteau Œuvres

Si j’osois, je dirois que vous dormez encore :
Chez elle, croyez-moi, ne portez point vos pas ;
Elle se vante enfin d’être votre ennemie.
— Il est vrai, mais, ma chère, elle perd ses petits :
J’oublîrai tous ses torts, en écoutant ses cris ;
Car déjà je suis attendrie
Sur son danger, sur sa douleur ;
La laisser sans secours, cela m’est impossible :
Mon enfant, c’est l’effet que produit le malheur ;
Il éloigne de nous le méchant, l’insensible :
Il en rapproche le bon cœur.
FABLE XCII.
LES DEUX PAYSANS.
D’où viens-tu, disoit Claude à Pierre ?
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Marie-Amable Petiteau Œuvres

À UNE AMIE
Un tendre cœur ne vieillit pas,
Il survit à l’esprit, aux grâces, aux appas,
Et garde à jamais son empire.
Chaque fois que le mien m’inspire
Je me crois rajeunie, encor dans mon printemps ;
Ah ! laisse-moi t’aimer et souvent te le dire
Pour oublier le nombre de mes ans !
MAXIME.
À ce méchant Crésus, que personne n’estime,
Oses-tu prodiguer respects, grands complimens,
Que je n’adresserois qu’aux plus honnêtes gens ?
— La politesse, ami, n’est pas un crime.
D’ailleurs, Criton, j’ai pour maxime,
D’être toujours poli, surtout pour les méchans
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