Gustave Flaubert,
Salammbô
(1862)
“ Crie, blasphème, ravage et tue. La douleur s’apaise avec du sang, et puisque tu ne peux assouvir ton amour, gorge ta haine ; elle te soutiendra ! ”
Le terme ravage désigne principalement le roman de science-fiction post-apocalyptique de René Barjavel (1943), qui explore les conséquences d’un effondrement technologique et la reconquête d’une civilisation primitive. Ce thème, teinté de pessimisme face au progrès, s’inscrit dans une tradition littéraire plus vaste, où des auteurs comme Gustave Flaubert (Salammbô) ou Eugène Sue (Le Juif errant) ont employé le mot pour décrire la destruction physique et morale.
Le roman de Barjavel, marqué par des scènes de chaos et de réorganisation sociale, résonne avec des thèmes liés tels que la ruine, la combustion ou la désolation, illustrant une préoccupation fréquente dans la littérature face aux limites de l’humanité.
Gustave Flaubert,
Salammbô
(1862)
“ Crie, blasphème, ravage et tue. La douleur s’apaise avec du sang, et puisque tu ne peux assouvir ton amour, gorge ta haine ; elle te soutiendra ! ”
“ Vous n’avez pas l’idée des ravages que fait cette passion chez cet enfant ardent et indomptable ; quelquefois, à son abattement douloureux succèdent des entraînements d’une férocité sauvage. Hier, je l’ai surpris à l’improviste, l’œil sanglant, les traits contractés par la rage ”
Guy de Maupassant,
Œuvres complètes de Guy de Maupassant - volume 09
“ Prenant à pleines mains ces vieux gages des tendresses lointaines, je les couvris de caresses furieuses, et dans mon âme ravagée par les souvenirs, je revoyais chacune à l’heure de l’abandon, et je souffrais un supplice plus cruel que toutes les tortures imaginées par toutes les fables de l’enfer. ”
Octave Mirbeau,
Le Jardin des supplices
(1902)
“ Là où vous allez, il y a encore plus de douleurs, plus de supplices, plus de sang qui coule et s'égoutte à travers le sol... plus de corps tordus, déchirés, râlant sur les tables de fer... plus de chairs hachées qui se balancent à la corde des gibets... plus d'épouvante et plus d'enfer... Allez, mes amours, allez, lèvres contre lèvres et la main dans la main. Et regardez entre les feuillages et les treillages, regardez se développer l'infernal diorama et la diabolique fête de la mort. ”
Ernest Raynaud,
À l’ombre de mes dieux
“ Impatients de mordre et d’entrer dans la chair ; Je songe aux cœurs blessés, au douloureux murmure Qui monte, à l’hôpital, des lits multipliés, Tandis qu’aux murs, témoin de la détresse obscure, Règne, impuissante image, un dieu crucifié. Je sais qu’il est des coups de telle violence Et des convulsions si fortes sur les draps, Que la Mort apparaît comme une délivrance Et que l’homme s’y fraie un chemin de son bras. ”
H. Emile Chevalier, L'enfer et le paradis de l'autre monde
“ Oui, souffle, mugis et fais rage, ô vent! tu as un rôle à jouer dans ce grand drame. Quelques-unes de tes victimes sont déjà bien misérables; tu penses encore à ajouter à leurs angoisses, ce n'est qu'un autre artifice dans ce long catalogue de détresse. Oui, quelques-unes sont déjà bien dénuées,—oui, même dans cette petite hutte autour de laquelle tu te livres à une hilarité si éclatante, si ironique—elles sont bien dépourvues, il ne manque pas de trous pour te laisser entrer; on ne peut t'expulser: entre donc, ô vent; nous 'te suivrons. ”
Émile Verhaeren,
Verhaeren - Poèmes
“ Où se tordent les maux et les rêves forgés En moi, par moi. Je la voudrais comme une rage, Comme un buisson d’ébène en feu, comme des crins D’éclairs et de flammes, peignés de vent sauvage ; Et ce seraient mes vains et mystiques désirs, Ma science d’ennui, mes tendresses battues De flagellants remords, mes chatoyants vouloirs De meurtre et de folie et mes haines têtues Qu’avec ses dards et ses griffes, elle mordrait. ”
Siméon Pécontal, La divine odyssée (1865)
“ Et puis de cet immense et lugubre chaos, Où la mort fermentait, où germait le carnage, Je vis, — géant farouche et tout bardé de fer, Le front haut vers le ciel, et les pieds dans l'enfer, Aux lueurs d'une croix, sortir le Moyen Age, Puis s'incliner, naïf et doux comme un enfant, Devant ce signe aimé qui le rend triomphant, Et qui d'un jour céleste éclaire son visage. ”
Antoine-Jacques Carbonell, Essais , opuscules divers d'A. J. Carbonell (1817)
“ De ces gouffres profonds qu'habite la terreur A ces rochers affreux, à ces arides cimes, Son oeil épouvanté remonte avec horreur, Descend, replonge encor, sonde le gouffre immense, Mesure le désert, se trouble ,... et l'espérance S'éteint, expire dans son coeur.... De fatigue vaincu, son pied tremblant s'arrête ; Son bras appesanti tombe ; ses yeux éteints Se tournent vers le ciel, accusent les destins, Il frémit, il penche la tête... Sur l'aride rocher le malheureux s'étend, Ses yeux n'ont point de pleurs et sa bouche est muette La mort l'entoure,... il la voit,... il attend. ”
Jean Féron,
La revanche d’une race
(1924)
“ Plus loin sous une pluie de flammes, en des flots de sang qui se précipitaient avec une furie mugissante, surnageaient des débris d’êtres humains, des chairs palpitantes, des têtes qui clamaient leur horreur, des bras qui lançaient vers le ciel noir des gestes de menace. ”
Emmanuel Vitte, Les Voix profondes, par Emmanuel Vitte (1917)
“ Quels châtiments, quels anathèmes Font ruisseler ainsi tant de pleurs et de sang, Et germer tant d'angoisse? Est-il venu le temps Des expiations suprêmes? Partout plane la mort et l'embûche est partout. Ils tombent par milliers ceux qui marchaient debout, Sous la fulgurante mitraille; Têtes, jambes et bras volent de toutes parts, Et le coeur le plus brave, à ces débris épars, D'épouvante et d'horreur tressaille. ”
Johann Wolfgang von Goethe,
Œuvres de Goethe
“ Je demeure dans ma détresse, j’attends le matin dans les larmes. Creusez la tombe, amis des morts, mais ne la fermez pas avant que je vienne. Mes jours s’évanouissent comme un songe. Comment pourrai-je leur survivre ? Je veux habiter avec mes amis vers le torrent de la roche bruyante.... Lorsqu’il fera nuit sur les monts, et que l’orage passera sur la bruyère, mon ombre s’arrêtera dans l’orage et pleurera la mort de mes amis. ”
Jacques Normand, Le Laurier Sanglant
“ Et la Mort, galopant dans un ciel de tempête. L’homme, grisé de sang, tombe au rang de la bête ; Partout la Violence et la Terreur partout... Prise de désespoir, de honte, de dégoût, L’Humanité se voile et détourne la tête. ”
Collin de Plancy,
Dictionnaire infernal
“ Des hurlements de bête féroce, d’horribles imprécations, des vociférations assourdissantes couvrent ma voix. Je vois tourbillonner devant moi quelque chose qui rugit, qui souffle, qui râle... Une tête qui bat sur ses épaules avec une telle violence que je ne puis en distinguer les traits... Un corps qui roule comme un serpent et bondit par soubresauts terribles à se briser contre les murailles. Plus j’insiste pour être entendu, plus la rage redouble, plus la tempête devient furieuse. ”
Sophie Cottin,
Claire d’Albe
(1798)
“ Concentrant dans son sein toutes les furies de l’enfer, elles le déchirent par cent forces diverses, et ces blessures qu’il renferme, s’aigrissent, s’enveniment sur son cœur, et portent dans tout son être des germes de destruction. ”
Gérard de Nerval,
Petits châteaux de Bohême
“ Comme un mal dont je suis victime, Comme un poids jeté sur mon cœur ! Dans le chagrin qui me dévore, Je vois mes beaux jours s’envoler... Si mon œil étincelle encore C’est qu’une larme en va couler ! ”
Germain Nouveau,
Poésies d’Humilis et vers inédits
“ Appelez-vous au loin, pour nos bras en détresse, L’appui d’un bras fort et vengeur ?... Qui vous apprit ainsi le secret de nos peines, Que vous les formulez avec des voix humaines ? Vous geignez, gémissez, râlez comme un mourant, Hurlez dans la fureur d’une rage insensée, Tremblez comme une aile blessée ; Puis soudain mugissez en un souille puissant, Souffle prodigieux qui vous fait reconnaître, Qui courbe tout où vous passez. ”
E. Caro, La Poésie philosophique dans les nouvelles écoles…
“ Des splendeurs d’un tel rêve encor l’œil ébloui, Me retrouver devant l’iniquité céleste, Devant un dieu jaloux qui frappe et qui déteste, Et dans mon désespoir me dire avec horreur : « Celui qui pouvait tout a voulu la douleur ! » Mais la vengeance est là qui s’apprête. Un esprit de révolte, descendu de ce rocher expiatoire, va transformer la terre. ”
Victor Hugo,
Les Contemplations
“ Quand ces réalités sont là, remplissant l'ombre?La ruine, la mort, l'ossement, le décombre,Sont vivants. Un remords songe dans un débris.Pour l'oeil profond qui voit, les antres sont des cris.Hélas! le cygne est noir, le lys songe à ses crimes;La perle est nuit; la neige est la fange des cimes;Le même gouffre, horrible et fauve, et sans abri,S'ouvre dans la chouette et dans le colibri;La mouche, âme, s'envole et se brûle à la flamme;Et la flamme, esprit, brûle avec angoisse une âme;L'horreur fait frissonner les plumes de l'oiseau;Tout est douleur. ”
Félix Simon, Au chemin de la vie (choix de poèmes… (1929)
“ En proie à la Détresse Ton coeur sonne le glas... C'est dur, je le confesse, Mais sois donc fort mon gâs... Sous le poids de l'orage Quand ton Rêve éperdu, Comme un oiseau volage, Disparaît, confondu, Quand la Haine maudite S'acharne sur tes pas, Lève le front bien vite, Regarde au ciel mon gâs. La vie est ainsi faite, Tu n'y changeras rien, Pour les uns c'est la fête, Où tout s'annonce bien, Pour d'autres la blessure Qui ne se ferme pas, La sourde meurtrissure, Prends courage, mon gâs. Prends courage, la vie N'est qu'un cruel détour Au bonheur qui convie Ton âme au grand Retour. ”
Fleury Vindry, Spartacus : fresques antiques (1917)
“ Mais, sous leur mensongère et spectrale candeur, D'un sépulcre caché perçait l'haleine immonde, Et ce parfum d'enfer, cette impudique odeur, En rafales d'horreur ruisselait sur le monde. D'obscènes chants de rage et de rauques rumeurs Bourdonnaient au-dessus des sables du rivage. Le vent épouvanté dispersait en clameurs L'horrible désespoir d'un immortel servage. ”
Heinrich Heine,
Œuvres de Henri Heine
“ Pauvre terre, je les connais tes douleurs ; je vois le feu ronger ton sein, je vois saigner tes milles veines, je vois de ta blessure grande ouverte s’échapper à torrents flamme, fumée et sang. Je vois tes fils géants, ceux de l’antique souche, s’élancer, insolents, des abîmes obscurs, en agitant de rouges torches. ”
Pierre Quillard,
La lyre héroïque et dolente
“ Qui durerez de l'aube au soir, pendant dix ans,Comme le cri des flots qui heurtent les brisants,J'entends déjà clamer les corps sous les entailles. Un souffle meurtrier et pestilentielS'exhale de la mort et des chairs refroidiesSans linceul, tandis qu'aux lueurs des incendiesDe vastes lacs de sang pourrissent sous le ciel, De vastes lacs de sang où, rigides et vertes,Vont des flottes de morts convulsifs par milliers,Où s'acharnent sans peur, repus et familiers,Les vautours réjouis des cervelles ouvertes. ”
J.-Charles Laveaux, Les nuits champêtres (1783)
“ Trois fois tu fixes tes regards farouches sur les vagues du fleuve qui mugit au bas du rocher, trois fois tu recules d'horreur. Bientôt l'idée de tes malheurs revient avec plus de force, elle assiege ton ame, des larmes plus abondantes coulent de tes yeux. Tu jettes des regards furieux autour de toi, un cri perçant se fait entendre, le dernier cri du désespoir ”
Jean-Baptiste Mesnard, Nécessité de la tolérance en matière d'opinions… (1815)
“ Hélas ! après des jours de sang et de carnage, lorsque leur rage sera affaiblie, leur prévention détruite , ils verront d'un oeil triste , et le coeur rongé par le repentir et par les remords, la terre dévastée, les arts ensevelis , leur nation affaiblie , leur propre bonheur ruiné et leur puissance anéantie. ”
Joseph Roux, Souvenirs du bocage vendéen (1898)
“ Sème sur terre l'épouvante, Tous les genêts, les prés, les champs, Et les bruyères et les chaumes, Sont recouverts de tapis blancs Et sont peuplés de noirs fantômes. Alors on voit leurs bras tendus Au passant lancer des menaces, Spectres couchés, debout, tordus, Assis dans d'horribles grimaces. Le vent qui souffle dans la nuit, Et qui gémit dans les vieux chênes, C'est l'aboîment et c'est le bruit Des lutins secouant leurs chaînes. C'est l'heure des rudes combats Des noirs esprits avec les âmes, C'est l'heure des bruyants sabbats, Des cris lugubres et des flammes ”
André de Guerne, Les Siècles morts
“ Car aux Dieux seuls, hélas ! appartient la vengeance. — Tel l’aquilon subit d’un souffle violent Courbe le chêne dur ou le pin vacillant, Tel le vent déchaîné des paroles fatales Vers la terre indécise abaisse les fronts pâles. L’effroi religieux plane. Du haut des fûts, Les oiseaux envolés mêlent leurs cris confus Aux houleuses rumeurs de la foule. Les glaives Hors des fourreaux vibrants jettent des lueurs brèves Un bruit vaste, pareil au choc lointain des flots, Au tumulte guerrier unit de sourds sanglots ”
“ Forçats, monstres, démons, meute folle et sans maître, Lâchée en un essor puissant, Qui peut les retenir ? La Terreur va renaître, Et la Seine rouler du sang. Ainsi qu’aux jours affreux d’une époque lointaine, La plus sombre d’un grandpassé, Un souffle de malheur, de vengeance et de haine Chasse le peuple courroucé. ”
Pierre Loti,
Revue des Deux Mondes
“ Ce qui ajoute une horreur imprévue à cette entrée, plus grande encore que toutes les autres, c’est que les divinités, les formes gardiennes du seuil, au lieu d’être calmes ainsi que là-bas d’où nous venons, s’étreignent, se tordent dans des convulsions de rage, de souffrance ou d’agonie ”
Jan van Ruusbroec, Rusbrock l'Admirable (œuvres choisies…
“ Dans le pays de l’abîme, feu éternel, tremblement éternel, gémissements, grincements de dents, ténèbres, fumée, larmes intérieures, clameurs lamentables, vue des démons, faces ardentes des damnés, insultes, déshonneur, étouffement, sécheresse et soif, absence totale de tout bien, emprisonnement, soufre, puanteur, misère, terreur et honte, tortures épouvantables, ver rongeur, regret, fureur et rage. ”
Maison rustique du XIXe siècle… (1835)
“ L’échenillage exécuté avec soin pourrait détruire un grand nombre de chenilles sans doute, mais pas assez pour faire disparaître leurs ravages ; il ne détruit guère que les œufs déposés avant l’hiver. Mais les chenilles des pontes printanières qui naissent peu après ces pontes, et dont le nombre est immense, lui échappent ; à côté de ces chenilles marchent les innombrables cohortes des insectes de toutes les classes et de leurs larves, qui dévorent le bois, l’écorce, les racines, détruisent les fleurs, les embryons des fruits et s’établissent à demeure dans le fruit même. ”
Georges Ozaneaux, Erreurs poétiques de Georges Ozaneaux… (1849)
“ Nous poussent à l'erreur, aux forfaits, à la mort, Et leur joie infernale insulte à notre sort. Où les fuir? où sont-ils? partout : dans le nuage Dont le sein bouillonnant amoncelle l'orage ; Dans celui qui, par l'air mollement balancé, Féconde les vallons où son ombre a passé ; Dans le flot qui bondit; dans l'onde caressante Qui vient mouiller tes pieds d'une vague innocente; Dans l'éclat d'un beau jour, dans l'horreur delà nuit; Près du Roi dans sa cour, du pauvre en son réduit; Sous le casque du brave ; au bout du trait rapide ; Dans le regard furtif de la vierge timide ”
Concert du roi au Louvre : soirée du 6 mai 1841 (1841)
“ De noirs pressentimens mon âme intimidée, De sinistres terreurs est sans cesse obsédée : Le jour blesse mes yeux et semble s'obscurcir ; J'éprouve l'effroi des coupables, Je crois voir sous mes pas la terre s'entr'ouvrir Et l'enfer prêt à m'engloutir Dans ses abîmes effroyables. ”
Louis Bouilhet,
Œuvres de Louis Bouilhet
“ Au pied des monts géants, pleure, et, par chaque plaie, Va roulant sa sanie au noir égout des mers. Et peut-être, ô terreur, quand du haut de la nue, La nuit verse sur nous le silence et la paix, La planète que ronge une angoisse inconnue Pousse un long cri de mort qu’on n’entendra jamais. ”
Edgar Allan Poe,
Les Cloches, 1876, trad. Blémont
“ Quel drame de terreur hurle dans leurs vacarmes, Dans leurs grands bonds épouvantés ! En sursaut, à leur voix, la nuit noire s’éveille, Et tâtonne, et dresse l’oreille, Horreur ! ce ne sont plus des voix, ce sont des cris, Des cris, d’horribles cris ! ”
Élie Faure,
Histoire de l’art/L’Art antique
(1921)
“ La brute meurt, mais la fièvre brûle ses reins, sa sauvage étreinte se resserre. Rudesse, ardeur de la foi neuve, violence des vieux mythes qui faisaient revivre les rapts des forêts primitives où tout était menace, assaut, terreur mystérieuse, – modelé large et mouvementé, surfaces taillées à grands coups, il n'y a là que de la lutte, du désir, de l'assassinat, de la mort. ”
“ Ils étaient plein de vie nos vaillants héros qui avaient affronté la mort, bravant le feu et la mitraille, circulant au milieu de cet enfer qui faisait trembler le sol et vibrer l’air, qui se battirent parmi les blessés hurlant de douleur et trempant la terre de leur sang... ”
Hippolyte Raynal, Malheur et poésie ; par Hippolyte Raynal (1834)
“ D'horreur, à ce tableau, tout son être a frémi.' Chaque objet qui se meut lui semble un ennemi : Et le buisson feuillu, balancé sur la grève, Et l'herbe qui se penche au vent qui la relève. Au moindre bruit qui passe il tressaille de peur ; Et l'ombre qui s'avance augmente sa stupeur. ”
Chéri Allais, Poésies de coeur et d'enfance, par Chéri Allais… (1879)
“ Plus de repos ! plus rien ! que le souci rongeur Qui couvrira , parfois , d'une faible rougeur Les traits décolorés de ta face blêmie ! La souffrance , souvent, suit de près l'infamie. Tes doigts se crisperont sur ta poitrine en feu ; Tour à tour , blasphémant, et puis invoquant Dieu Tu te reconnaîtras au milieu des tortures , La plus vile parmi les viles créatures ! Tordue et déchirée aux griffes des remords Tu ne pourras mourir sans souffrir mille morts ; Une voix incessante, en ton coeur , en ton âme, Te criera nuit et jour : Infâme ! ”
