Résumé

Portrait de Ernest Raynaud Ernest Raynaud À l’ombre de mes dieux

Et se sentir, à l’âge où l’aile aspire aux crêtes,
D’une règle de plomb à terre retenu.
Ô rage ! dépérir dans un relent fossile,
N’avoir qu’un tableau noir pour unique horizon,
Quand on entend en bas rire et chanter la ville
Et qu’en haut l’air se dore au faîte des maisons !
Quand des couples heureux s’attablent aux tonnelles,
Quand il est tant d’amants qui courent à travers
Les blés, et, fronts mêlés sous leur unique ombrelle,
Échangent des baisers, des serments et des vers !
C’est quand vos carillons d’allégresse, ô dimanches !
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Portrait de Ernest Raynaud Ernest Raynaud À l’ombre de mes dieux

Et des banquets où siège en roi l’effroi des rides,
Des rides relentant déjà le Styx fétide
Et le goût que l’humus donne aux os qu’il détient ?
Est-ce le noir regret qui le crispe, farouche,
De sa force virile et de ses yeux vivants,
De ses nuits de folie aux spasmes énervants,
Quand, parmi les parfums qui se levaient des souches,
Ivre, avec des baisers et des chants plein la bouche,
Il jetait sa jeunesse insouciante aux vents ?
Est-ce déjà la faulx de la Mort qu’il voit luire
Et son pas qu’il écoute approcher dans la nuit ?
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Portrait de Ernest Raynaud Ernest Raynaud À l’ombre de mes dieux

Signe que ton renom sur la terre où nous sommes
À jamais, sûr de croître, en route vers l’Azur,
Sonnera sur la lèvre et dans le cœur des hommes,
D’âge en âge plus pur.
Pour moi, toujours actif à te marquer mon zèle,
Je n’ai rien retranché de la jalouse Foi
Qui, dès le premier jour où m’ont poussé des ailes,
M’a rangé sous ta loi.
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