John Charpentier

Résumé

John Charpentier Abeilles d'automne (1946)

Le dégage de la douceur de son haleine
Et du rire de ses couleurs.
L'été, la mer le fait jaillir de son écume Et le dispense à tous les vents du ciel en feu.
Il éclôt dans la nacre fraîche de la brume,
Perle blonde sur un lit bleu.
J'ai bu son philtre au creux des feuillages d'automne Dont les pleurs s'emplissaient du silence des bois. L'âme qu'il a grisée, et qui rêve, s'étonne
D'être sage et folle, à la fois...
Il se confond, l'hiver, à l'élan des glaciers Dardés cruellement vers les astres, ce givre,
Quand le sang — pris au gel les fleuves nourriciers — Frémit du désir qui délivre!.
Source : Gallica

John Charpentier Abeilles d'automne (1946)

Et c'est à mourir de l'été!
Dans le voile fin de poussière Que le vent soulève et secoue
Au ras du sol,
Un parfum de poivre et de miel Se débat, sans pouvoir délivrer son vol. J'ai les yeux brûlés de lumière,
Et, pour y câliner ma joue,
Je voudrais serrer dans mes bras Ce gros nuage blanc qui joue,
Là-bas,
Au bas du ciel...
Vienne la nuit avec la lune,
Et vienne à mes lèvres sa bouche,
Sa bouche et toi qui ne font qu'une, Eau fraîche de l'obscurité!
L'herbe est fanée où je me couche
Sous ce parfum qui m'importune Comme un bourdonnement de mouches, Près des roses, mortes d'été !
Source : Gallica

John Charpentier Abeilles d'automne (1946)

REGARD AU MIROIR
Comme on se penche au bord d'un gouffre Où tourbillonne le vertige,
Je me penche sur mon miroir.
Mon visage est un fruit d'automne, qui souffre De trop faire plier la tige Qui le retient encore de choir...
Mon visage est lourd de sa sève,
Mon visage est lourd de mon rêve, Au-dessus du calme miroir Dont l'eau le tente et le reflète...
« Il ne faut frapper les rois qu'à la tête... »
Je me redis le mot célèbre,
Et voici se glisser le soir, aux gestes tristes, Que suivront, bientôt, les ténèbres,
Sous le voile froid des carreaux.
Source : Gallica

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