Philippe Gille,
Poésies de Philippe Gille. L'herbier
(1897)
“ Ces mots qu'hier encor, sur ses lèvres en feu, J'entendais murmurer, enivré de tendresse, Sont glacés maintenant et ne sont qu'un adieu, Et là gît le néant où vivait la caresse 1 En vain de ce cadavre étreignant la froideur, Je veux douter encore, y chercher l'étincelle Que le Dieu de la vie avait mise en son cœur : Le froid est dans ses bras, l'ombre dans sa prunelle. Elle ne me voit plus; car de ce mort vivant L'âme est partie un soir, céleste voyageuse, Sur un rayon d'amour, souriante, en suivant De quelque astre divin la course radieuse! ”
