Résumé

Portrait de Philippe Gille Philippe Gille Poésies de Philippe Gille. L'herbier (1897)

Ces mots qu'hier encor, sur ses lèvres en feu, J'entendais murmurer, enivré de tendresse, Sont glacés maintenant et ne sont qu'un adieu, Et là gît le néant où vivait la caresse 1
En vain de ce cadavre étreignant la froideur, Je veux douter encore, y chercher l'étincelle Que le Dieu de la vie avait mise en son cœur : Le froid est dans ses bras, l'ombre dans sa prunelle.
Elle ne me voit plus; car de ce mort vivant L'âme est partie un soir, céleste voyageuse, Sur un rayon d'amour, souriante, en suivant De quelque astre divin la course radieuse!
Source : Gallica

Portrait de Philippe Gille Philippe Gille Poésies de Philippe Gille. L'herbier (1897)

Sur le bleu du ciel s'étale, splendide, Un nuage d'or; il vole rapide, Roulant ses flocons où le soir a mis Les roses d'aurore et l'argent des nuits.
Mais le vent dédaigneux de sa majesté vaine Souffle, et le monceau d'or croule sous son haleine.
* * *
Fleur qui vole un jour, passe un papillon, Ëmeraude, azur, rubis, vermillon; Il monte, il descend, fuit et se ravise, Cherchant le bonheur d'une aile indécise.
La jeune fille vient et perce en son essor Ce joyau du printemps de son épingle d'or!
Source : Gallica

Portrait de Philippe Gille Philippe Gille Poésies de Philippe Gille. L'herbier (1897)

Le vent s'est élevé terrible, Et tout ce que j'avais construit, Devant son souffle irrésistible, A croulé bien avant la nuit 1
Emportez ces fleurs embaumées, Étouffez ces refrains joyeux, Et loin de ces rives aimées Entraînez-moi sous d'autres cieux 1
J'ai vu s'effeuiller ma jeunesse Rêve par rêve et jour par jour, Sans même un semblant de tendresse, Sans un mot sincère en retour!
La honte m'en monte à la joue, Au vent j'ai jeté ce trésor, L'amour 1 et le sillon de boue S'est enrichi de ce grain d'or!
Source : Gallica

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