“ SUZEL, en dansant, se jetant dans les bras d’Ox. Vers toi vole mon cœur ! NIKLAUSSE, en dansant, à madame van Tricasse. Ah ! je t’aime ! un maricide Ne me rendrait pas timide... MADAME VAN TRICASSE, en dansant, à Niklausse. Nous sortirons d’embarras Avec de la mort aux rats. VAN TRICASSE, en dansant, à Lotché. Je t’aime ! L’amour m’enchaîne... A tes genoux je me traîne ! SHAOURA, en dansant, à Lotché. Moi... je t’offre un beau château ! LOTCHÉ, en dansant, à Shaoura. J’aime mieux ça... c’est bien plus beau ! PRASCOVIA, en dansant, à Ygène. ”
Philippe Gille
Élements biographiques
Philippe François Émile Gille (1830-1901), critique littéraire, dramaturge et librettiste français, représente une figure essentielle du théâtre et de la musique du Second Empire. Auteur de plus de vingt librettos, dont Lakmé de Léo Delibes et Manon de Jules Massenet, il allie humour et profondeur dans des œuvres comme Le Docteur Ox ou Les Trente Millions de Gladiator, abordant les tensions entre raison et passion, vie et mort.
Son style poétique, caractérisé par des réflexions existentielles et une sensibilité à la nature, se dégage dans L’herbier ou ses chroniques théâtrales, où l’art est vu comme un miroir des émotions humaines. Élu à l’Académie des beaux-arts en 1899, son héritage résonne dans l’œuvre de collaborateurs comme Eugène Labiche et Edmond Gondinet, illustrant une carrière marquée par des dialogues entre création et critique.
Citations de Philippe Gille
Philippe Gille,
Les Mercredis d'un critique, 1894…
(1895)
“ Je ne sais pas de lecture qui ait pour moi plus de charme que celle d'un livre qui contient le récit d'une existence écrit honnêtement par celui qui l'a vécu ; par : honnêtement, j'entends sans ce cabotinage involontaire qui vient fausser la plume et lui fait écrire plus gros qu'il ne faudrait ce qui touche le moi ; le moi, cette chose si délicate qu'un rien rend odieux ou ridicule ; le moi, qui n'a de valeur que quand il veut dire : vous, nous, et qui ne nous touche que quand nous y reconnaissons les mouvements de notre pensée et de notre propre cœur. ”
“ YGÈNE. Un savant ne doit jamais se marier autrement que ça ! OX. Ne jamais me marier !! Mais tu sais bien qu’il m’est impossible de bannir complètement l’élément féminin de mon existence. YGÈNE. Vous y tenez ? Oh ! que c’est bête ! OX. Tu as dit ? YGÈNE. J’ai dit : Oh ! que c’est bête ! OX. A la bonne heure : j’avais compris, Ox est bête ! Bref ! tu le sais, j’adore maintenant la charmante Suzel ! YGÈNE. Mais Prascovia ? OX. Ah ! ce nom qui revient toujours !! Nous nous en débarrasserons ! YGÈNE. Par quel moyen ? OX. Par tous les moyens. YGÈNE. Le fer ? OX. Non. YGÈNE. Le poison ? ”
