Jeanne Dortzal,
Le Credo sur la montagne, poèmes
(1934)
“ Plus de marge, Nous commandons tous, corps à corps, Voile à voile ; Jetez l'âme par-dessus bord, Bois la moelle Des soleils, matelot. Le jour S'échevèle Dans un spasme, et l'île d'amour, Sûre d'elle, Entr'ouvre son giron. Eh bien, Suis-je seule ? Me laissera-t-on comme un chien, Moi, l'aïeule, Le capitaine aux longs yeux, fleur Des naufrages, Mes souvenirs plantés au coeur, Sans équipage, N'ayant, pour reposer mon front Qui s'égoutte, Que la mort où nous entrerons Quand la route Sera terminée ? ”
