Jeanne Dortzal

Jeanne Dortzal

Résumé

Portrait de Jeanne Dortzal Jeanne Dortzal Le Credo sur la montagne, poèmes (1934)

Plus de marge,
Nous commandons tous, corps à corps, Voile à voile ;
Jetez l'âme par-dessus bord,
Bois la moelle
Des soleils, matelot. Le jour S'échevèle
Dans un spasme, et l'île d'amour, Sûre d'elle,
Entr'ouvre son giron. Eh bien, Suis-je seule ?
Me laissera-t-on comme un chien, Moi, l'aïeule,
Le capitaine aux longs yeux, fleur Des naufrages,
Mes souvenirs plantés au coeur, Sans équipage,
N'ayant, pour reposer mon front Qui s'égoutte,
Que la mort où nous entrerons Quand la route
Sera terminée ?
Source : Gallica

Portrait de Jeanne Dortzal Jeanne Dortzal Le Credo sur la montagne, poèmes (1934)

Que voulez-vous, Seigneur, ne pouvant plus dormir, Je vous ai supplié de me rendre visite,
Et voici que mes nuits commencent de fleurir Par la grâce de l'ange et de la clématite.
HATE-TOI
Hâte-toi, la mort est rapace, Et réclame, à grand coup de pelle, Ses anciens amants. Courbe ton aile, Enfonce-toi dans plus d'espace, Tu retrouveras ta chapelle.
Qu'on te suive ou non, que t'importe. N'as-tu pas, pour braver la mort, Le vent qui siffle sous ta porte, Ce collier d'arbres, plus encor, L'amour qui gonfle ton aorte ?
Source : Gallica

Portrait de Jeanne Dortzal Jeanne Dortzal Le Credo sur la montagne, poèmes (1934)

Ceux qui creusent le soir à la façon d'un ange,
Pour en faire jaillir le jardin le plus pur Que l'espace ait créé ; ceux dont l'ardeur étrange Echafaude leur dieu tout au sommet du mur
Pour pouvoir, à leur guise, humer dans son haleine L'odeur de l'univers et le parfum du soir ;
Ceux qui poussent le jour devant eux ; ceux qu'entraîne Le beau navire avec du bleu sur son bossoir ;
Ceux qui n'ont pour butin que leur aile qui saigne Loin des cités, loin de la gloire, loin de tout, Ne sont-ils pas les Christ de l'avenir ? Leur règne Rebâtira le temple où la lumière bout.
Source : Gallica

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