Résumé

Portrait de Alfred de Vigny Alfred de Vigny Éloa, ou La soeur des anges . Mystère… (1824)

Le coeur répond au coeur comme l'air à la lyre. Ainsi qu'un jeune amant, interprète adoré, Explique le désir par lui-même inspiré, Et contre la pudeur aidant sa bien-aimée, Entraînant dans ses bras sa faiblesse charmée, Tout enivré d'espoir, plus qu'à demi vainqueur, Prononce les serments qu'elle fait dans son coeur ; Le prince des Esprits, d'une voix oppressée, De la Vierge timide expliquait la pensée. Éloa sans parler, disait : je suis à toi ; Et l'Ange ténébreux dit tout haut : Sois à moi !
Source : Gallica

Portrait de Alfred de Vigny Alfred de Vigny Éloa, ou La soeur des anges . Mystère… (1824)

La Terre consacrait sa beauté sans égale, Appelant Lucifer l'étoile matinale, Diamant radieux que sur son front vermeil, Parmi ses cheveux d'or, a posé le Soleil.
Mais on dit qu'à présent il est sans diadême, Qu'il gémit, qu'il est seul, que personne ne l'aime, Que la noirceur d'un crime appesantit ses yeux, Qu'il ne sait plus parler le langage des Cieux ; La mort est dans les mots que prononce sa bouche ; Il brûle ce qu'il voit, il flétrit ce qu'il touche ; Il ne peut plus sentir le mal ni les bienfaits ; Il est même sans joie aux malheurs qu'il a faits.
Source : Gallica

Portrait de Alfred de Vigny Alfred de Vigny Éloa, ou La soeur des anges . Mystère… (1824)

Les Anges ont des nuits comme la nuit humaine. Il est dans le ciel même une pure fontaine ; Une eau brillante y court sur un sable vermeil. Quand un Ange la puise, il dort, mais d'un sommeil Tel que le plus aimé des amants de la terre N'en voudrait pas quitter le charme solitaire, Pas même pour revoir dormant auprès de lui La beauté dont la tête a son bras pour appui. Mais en vain Éloa s'abreuvait de son onde, Sa douleur inquiète en était plus profonde ; Et toujours dans la nuit un rêve lui montrait Un Ange malheureux qui de loin l'implorait.
Source : Gallica

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