Résumé

Portrait de Alfred de Vigny Alfred de Vigny Poèmes, par M. le comte Alfred de Vigny… (1829)

D'où venez-vous, Pudeur, noble crainte, ô Mystère Qu'au temps de son enfance a vu naître la terré, Fleur de ses premiers jours qui germez parmi nous, Rose du Paradis! Pudeur, d'où venez-vous?
Vous pouvez seule encor remplacer l'innocence; Mais l'arbre défendu vous a donné naissance ; Au charme des vertus votre charme est égal, Mais vous êtes aussi le premier pas du mal.
D'un chaste vêtement votre sein se décore; Ève avant le serpent n'en avait pas encore; Et si le voile pur orne votre maintien, C'est un voile toujours, et le crime a le sien.
Source : Gallica

Portrait de Alfred de Vigny Alfred de Vigny Poèmes, par M. le comte Alfred de Vigny… (1829)

Un jour les habitans de l'immortel empire,
l'rudens une fois, s'unissaient pour l'instruire.
« Êloa, disaient-ils, oh! veillez bien sur vous: « Un Ange peut tomber; le plus beau de nous tous » N'est plus ici : pourtant dans sa vertu première » On le nommait celui qui porte la lumière;
» Car il portait l'amour et la vie en tout lieu, » Aux astres il portait tous les ordres de Dieu; » La Terre consacrait sa beauté sans égale, » Appelant Lucifer l'étoile matinale, » Diamant radieux que, sur son front vermeil, » Parmi ses cheveux d'or, a posé le Soleil.
Source : Gallica

Portrait de Alfred de Vigny Alfred de Vigny Poèmes, par M. le comte Alfred de Vigny… (1829)

J'ai vu l'amour s'éteindre et l'amitié tarir,
Les vierges se voilaient et craignaient de mourir.
M'enveloppant alors de la colonne noire, J'ai marché devant tous, triste et seul dans ma gloire, Et j'ai dit dans mon cœur : Que vouloir à présent?
Pour dormir sur un sein mon front est trop pesant, Ma main laisse l'effroi sur la main qu'elle touche, L'orage est dans ma voix, l'éclair est sur ma bouche ; Aussi, loin de m'aimer, voilà qu'ils tremblent tous, Et, quand j'ouvre les bras, on tombe à mes genoux.
Source : Gallica

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