Alfred de Vigny,
Poèmes antiques et modernes/éd…
“ S’ouvre un puits naturel, profond et solitaire ; L’eau qui tombe du ciel s’y garde, obscur miroir Où, dans le jour, on voit les étoiles du soir [2] . Là, quand la villageoise a, sous la corde agile, De l’urne, au fond des eaux, plongé la frêle argile, Elle y demeure oisive, et contemple longtemps Ce magique tableau des astres éclatants. Qui semble orner son front, dans l’onde souterraine [3] , D’un bandeau qu’envîraient les cheveux d’une Reine. Telle, au fond du Chaos qu’observaient ses beaux ; yeux, La Vierge, en se penchant, croyait voir d’autres Cieux [4] . ”
