“ Nos âmes emprisonnées, mornes, se débattent. Tu dis qu’il y a une Terre promise. Mais cette Société nous serre comme un cachot. Tu dis qu’il y a une Terre promise. Mais nous n’irons jamais. Vois nos chaînes, notre fatigue. ”
Terre promise
Définition et enjeux
La « Terre promise » désigne, dans les textes bibliques, le territoire sacré confié par Dieu à Abraham et à ses descendants. Ce concept, central au judaïsme, au christianisme et à l’islam, a inspiré des interprétations diverses : pour les Juifs, il incarne un espoir de restauration nationale, tandis que les chrétiens y voient parfois une image du paradis.
Eugène Morel l’utilise comme symbole d’une société parfaite, tandis que Pierre Larousse met en évidence son emploi littéraire pour évoquer un bonheur souhaité. Cette idée, ancrée dans les Écritures, continue d’interroger les enjeux géographiques et spirituels de la région.
Citations sur “Terre promise”
Eugène Morel,
Terre Promise (Eugène Morel - La Revue blanche…
“ Charitable espérance qui nous tiens lieu de foi. Terre promise, ô Terre à terre, espoir très résigné, idéal très près de nous, simple raison de tâcher de faire mieux qu’on ne fait, horizon à peine brumeux des choses qu’on peut... ”
Eugène Morel,
Terre Promise (Eugène Morel - La Revue blanche…
“ Rêves évaporés, mirages tâtés du doigt, voyages mirifiques où l’on resta chez soi, espoir éventé, et port ensablé, vaisseaux appareillés qui au port sont restés, cervelles avariées, et dieux démodés, — aube de la Révolution sociale, Terre Promise ! On espérait l’orage et c’est la lente pluie, c’est le ciel gris, et l’eau qui noie — toutes les joies, — le ciel morne qui ne sera plus jamais bleu, — la pluie encore ! — et c’est l’ennui, et c’est la nuit, sans pain, sans feu, où tout s’endort, jusqu’à la mort. ”
Eugène Morel,
Terre Promise (Eugène Morel - La Revue blanche…
“ Toi dont la cervelle, forêt touffue de savoir, gazouillante d’idées, est plus vaste que toutes les cervelles des hommes, enfant précoce, découvreur des pays où tu n’as pas été, toi qui veux relever la faillite de Dieu et te promets à toi-même le Paradis, parle-nous donc de la Terre Promise, toi qui sais ! ”
Eugène Morel,
Terre Promise (Eugène Morel - La Revue blanche…
“ On monte jusqu’au ciel. On fonce dans l’abîme. Haussé, précipité, à la merci du flot. Le vertige se hâte, monte plus haut, tombe plus bas, mais de plus en plus vite. Si vite que lits, fenêtres, tous objets disparaissent, ce n’est plus qu’un énorme nuage qui tremble... Bonheur ! On va dormir... Terre ! On reprend pied, et l’on s’étonne du sol solide. — On dort. — Oh ! tout à fait ! je dors complètement. — Terre ! C’est la Terre Promise, l’on y est pour de bon — jusqu’à ce qu’on ouvre les yeux. ”
Eugène Morel,
Terre Promise (Eugène Morel - La Revue blanche…
“ Religions d’un jour, fumée de bivouac que laisse l’humanité qui marche... Oh ! que de cendres ! On s’est chauffé une nuit, c’est tout. À d’autres camps, à d’autres flammes. Rêves d’un jour ! Terre promise ! Cela prépare à la mort mais non pas la vie ! ”
Eugène Morel,
Terre Promise (Eugène Morel - La Revue blanche…
“ Monde futur, monde d’autre monde, promesses à bon marché, tout ce que tu as promis... on n’y croit pas, et tu n’y croiras pas toi-même. Sur cette terre-ci, qu’importe, ou sur l’autre, c’est de même, — on ne passe pas ; il y a la mort entre, la mort qui barre la route, muraille forte et têtue, — et tu t’y vas cogner. ”
“ Essayer cependant une fois la Terre Promise ! Il faudrait bien un jour un franc essai décisif, par lequel les rêveurs, en la réalisant, prouveraient le possible d’une société meilleure, jaillie vivante, armée de pied en cape, de leur cerveau... ”
Eugène Morel,
Terre Promise (Eugène Morel - La Revue blanche…
“ Aux solitudes du cœur, ils s’étaient rencontrés, et devaient se rencontrer, puisqu’ils étaient au monde et qu’il n’y avait qu’eux, lui, elle, dans le monde. Sous l’inerte vie des villes, ciel gris, pierres, travail morne, se coule et rampe la nature qui veille toujours, prête à pousser de l’herbe, prête à vomir du feu. ”
Pierre Larousse,
Fleurs historiques : clef des allusions aux faits et aux mots célèbres que l'on rencontre fréquemment dans les ouvrages des écrivains français…
(1913)
“ La terre promise est une expression qui a passé dans toutes les langues pour désigner un état, un bonheur auquel on aspire depuis longtemps : Jamais villes impériales N'éclipseront ce rêve aui splendeurs idéales. ”
“ Est-ce donc vrai, sentant ce que nous sentons, jeunes ou vieux, que nous n’en sommes plus, nous, des sauvages, et que nous nous sommes fabriqués, — pourquoi ? — une autre vie ? Pourquoi, pourquoi ? La Terre promise, est-ce donc réellement en arrière ! La famine disparue, et le gîte assuré, bien-être, luxe, — mais, pauvre, en profites-tu ! Hélas ! Le progrès n’a pas augmenté le bonheur, mais pris celui de l’un pour mettre en double à l’autre. Les bêtes des bois, les nègres d’Afrique, rien qu’à les voir aux yeux, plus que nous tous dedans les villes sont heureux ! ”
Nicholas Wiseman,
Fabiola, ou L'Église des catacombes
(1884)
“ Il appartient à de plus capables que nous de développer la grandeur et les charmes du christianisme libre et affranchi de ses chaînes Du haut de la montagne, nous nous bornerons à indiquer la terre promise, le paradis ravissant qui s'étend à nos pieds. ”
Eugène Morel,
Terre Promise (Eugène Morel - La Revue blanche…
“ Et lasse aussi, l’humanité s’est abattue, ayant continué quelque temps, toute seule, à pied, les yeux au sol, tout mirage dissipé, pas un signe n’animant le cercle qui l’entoure, mer ou désert, du Nord au Nord, par tous les points de l’horizon, du Nord vers l’au-delà du Nord, par l’infini. ”
Eugène Morel,
Terre Promise (Eugène Morel - La Revue blanche…
“ Mais le soleil brille, il se lève radieux, il est clair, comme l’espoir d’une société meilleure, il réchauffe, comme la certitude qu’on a bien fait, et il monte dans le ciel comme l’homme vers l’avenir. ”
Eugène Morel,
Terre Promise (Eugène Morel - La Revue blanche…
“ Éternelle justice, sur l’honneur, la conscience, devant Dieu et les hommes... Justice enfouie au cœur humain, comme dans une cave, et qui sitôt qu’on la tient à la main, a peur, voyant le jour ! Non ! on ne meurt pas pour elle, on ne tue même pas, on fait seulement tuer... Mais il en est une autre, une qui frappe elle-même et donne sa vie. Pour la crier, on meurt. — Mais on m’a entendu. Elle est. En quel pays ? En ceux où nous allons... La Terre Promise !... ”
“ Le progrès abattant quelques heures de travail, la science promenant des lueurs, les a fouettés. La cervelle dessillée, ils voient. Ils vont. Le bonheur est. Plus rien ne les empêchera d’aller. Le bonheur est. Il est sur la terre. Ils y vont. Mirage qui fait grâce aux lasses caravanes de la vue désespérante du désert infini, — c’est bien plus loin qu’ils ne croient, mais ce n’est pas un mensonge ! ”
“ Tu renaîtras, cultivée, amendée, telle qu’un champ... Et sans doute, je ne suis maître de l’air, de l’eau, ni du feu. Mais je lis leurs desseins sur leur visage, au ciel ; ennemis, amis, je ne m’en laisse guère surprendre, de puissance à puissance je lutte tantôt, tantôt je compose avec eux. Je suis comme eux, et non le moindre, un élément. N’ayez donc crainte. Que le champ soit vide, les granges seront pleines. J’ai tout prévu. J’ai de bonnes, de meilleures semailles... La terre nue. Le vent balaie le reste de ce qui y a vécu... Plus rien. ”
“ Comme un fiévreux ramené des tropiques, qui guette par les hublots l’instant où va de la mer émerger le sol natal, avant de mourir, l’enfant vers la lucarne se penchait de tout son être, pour voir les champs, les champs qui sont au-delà des toits, les champs qui l’eussent guéri s’il y avait pu atteindre ! les champs qu’à peine, né loin d’eux, il avait vus, et qui tenaient à son âme comme l’air de la patrie, le seul qui fait bien vivre, — patrie plus que patrie, patrie d’avant la vie. ”
Eugène Morel,
Terre Promise (Eugène Morel - La Revue blanche…
“ Comprennent les pavés des rues où tu te hâtes, du « repassez » de l’un, au « rien pour vous » de l’autre ; comprennent les murs de la mansarde où tu rumines, à voix sourde, faute de pain, des raisonnements secs et de l’espérance claire, comprenne l’herbe avare des portes de la ville, où, seul et libre tu peux crier et gesticuler ta pensée, rien qu’afin d’élargir ta poitrine, et décharger ta tête seule à en porter le poids... Mais d’autres hommes, comprendre ! Le vent qui fouette, le pavé qui s’enfuit sous la hâte des pas, l’herbe, la terre, le ciel, même les murs... ”
Eugène Morel,
Terre Promise (Eugène Morel - La Revue blanche…
“ Dans le carré de jardin l’écorce noire de la terre se saupoudrait de bourgeons, petites étoiles de loin qui sont des mondes de près... Sans grand air, sans grande terre, mais avec plein de ciel, des milliers d’enfants de fleurs s’en allaient vers la vie... ”
Eugène Morel,
Terre Promise (Eugène Morel - La Revue blanche…
“ Et ces paroles-ci qu’un homme tasse sous lui, et remue comme de la cendre où rougeoie quelque espoir — espoir éteint sitôt qu’on le veut ranimer, — ces mots, ces phrases, bêtes de somme, qui plient sous le poids des idées et qui devaient, croyait-il, aux hommes épuisés, fournir encore une journée de chevauchée, — crèveront sous lui ainsi qu’une divinité, — sans jamais arriver. Atlantides ! Amériques ! Par là... ! On ne sait pas. Là où se rencontrent le ciel et la mer parallèles. Au bout de l’horizon que l’on pousse devant soi... Sans vivres, sans pilote, sur la mer... ”
“ Contre ses racines lutteraient les racines du sol. Impossible ! Pour s’implanter en maître au sein de la nature, il la fallait d’abord dompter complètement, sans idéal, idée d’avance, tout à la lutte, dans une volonté, n’importe comment, de vivre. ”
Eugène Morel,
Terre Promise (Eugène Morel - La Revue blanche…
“ L’astre dont le cercle étroit est toujours identique traîne pourtant à sa suite des myriades de vies qu’il couve, réchauffe, fait vivre !... Et les grands bois et les printemps, et toutes les buées, eaux, vapeurs, végétations, et tout le remuant et vivant inconnu grouillant sur les planètes où nous ne pénétrons pas, viennent du rond monotone que cette boule en feu accomplit dans sa cage. ”
Jean Féron,
Dans la terre promise
“ J’ai visité, moi-même, le Nord-Ouest et étudié attentivement ses moyens de réussite : la terre est bonne, la saison de chaleur suffisamment longue pour la maturation du grain, les pâturages excellents ; seule la mentalité moderne à base de bien-être est l’obstacle ! ”
Jean Féron,
Dans la terre promise
“ Dans cette mer de nuages qui roulent sur sa tête, et où réside en somme l’énigme de son sort puisque de là proviennent les influences permettant au sol de lui fournir la subsistance (ainsi qu’au reste de l’humanité d’ailleurs, car ce sont les champs qui produisent le pain dont vit l’homme et non pas les usines) il est bien forcé de reconnaître une Puissance le subjuguant. ”
Eugène Morel,
Terre Promise (Eugène Morel - La Revue blanche…
“ AMOUR Jean et Georgette se connurent aux florissantes jacinthes. Fleur des pauvres, qui pousse sans terre, n’importe où. Dans l’air qui devient moite à l’agonie de l’hiver, elle surgit, dresse, subite, son corsage de vert tendre, et, sans attendre le printemps, se rendant à un souffle, une vapeur plus tiède, pas même un rayon de soleil, — desserre ses lèvres fermes et rit de ses dents blanches. Elle passait, vers midi, portant le déjeuner chaud entre deux assiettes. La fumée en montait vers ses cheveux blond fou, et voilait leur soleil d’une brume de matin. ”
Eugène Morel,
Terre Promise (Eugène Morel - La Revue blanche…
“ Les mains se défendent, les ongles excitent ; les pieds heurtent, les dents entrent, les poings serrent, et la chair, pincée, griffée, mordue, meurtrie, saignante, palpite et jouit. Saisis, les amants roulent à terre, l’un dans l’autre, se tenant, tas qui grouille et qui hurle, ils roulent comme jadis, aux ardentes étreintes ; elle sous lui, qui pèse, pèse comme dans l’amour ; et ce sont les mêmes râles, mêmes hoquets, mêmes spasmes, car les morsures... leur ont, aux lèvres qui saignent, mis le goût des baisers. Les bêtes hurlent et mordent, c’est leur jeu, leur jeu de sang. ”
“ Là, chaque nuit, sa lampe attardée jusqu’au jour fut la seule lueur assistant de la terre à l’assemblée des astres. Douce lampe, dans la maison isolée, qui couvait de sa tiédeur, maternelle caresse, l’intellect nouveau-né... Douce science, dans ce cerveau isolé, qui grandissait on ne sait pour quelles destinées. ”
“ Comme la terre fut sauvage, l’homme ne sera-t-il pas, un jour, civilisé ! Je t’ai entendu, vieillard ! Toi, tu n’espères plus ! Tu as jeté toute ta vie à tes rêves, et ils l’ont dévorée. Les miens hurlent de faim ; j’ai toute ma vie devant moi... Écarte les grilles que je la leur jette. Oh ! parle, vieillard ! parle ! ô vaincu ! Moi, je t’envie. Ta parole comme une flamme me lèche et mon sang bout. Toute ton existence qu’illumine l’aventure, sa défaite même, la chute sublime du rêve qui une fois du moins s’est élancé ! ”
Paul Bourget,
La Terre promise
“ Vers les neuf heures, il passait, comme c’était son habitude depuis sa venue à Palerme, dans le salon en rotonde où sa douce fiancée l’attendait. Par les fenêtres se dessinait toujours le lumineux paysage d’un ciel couleur de turquoise et d’une mer couleur de saphir. Les blancs palais alternaient avec de verts jardins, et les deux rades animées de voiles papillotaient dans l’ombre de la rouge montagne nue. C’était le décor qui avait servi de cadre à sa félicité et qui continuait de mettre un même fond d’horizon sublime au visage aimé de sa madone. ”
Eugène Morel,
Terre Promise (Eugène Morel - La Revue blanche…
“ Ou bien, c’est eux... — eux qui pour se promener prennent les terres qu’on cultive, qui pour se faire beaux prennent sur le lit des petits enfants les couvertures, qui prennent les femmes aussi, et prennent même le travail, la peine, oui... ”
“ Vie cruelle, sans cesse en présence du danger, vie que menace tout, la famine, l’orage, les bêtes, les autres hommes, la vie enfin que tous nous étions faits pour vivre : lutte et souffrance, la vie de hasard et de guerre, pleine d’inconnu, toujours ; la belle vie de nos frères les animaux... Et l’enfant dit : — Pourquoi ne vivons-nous pas comme ça ? Pourquoi... pourquoi ! Las déjà d’écouter, l’enfant baissait la tête. Quoi ! si grande, la terre ! si pleine de bonnes choses... et rien pour lui ! De la misère, des toits gris. ”
Paul Bourget,
La Terre promise
“ Pour avoir la réponse à cette question qu'il se posait plus anxieusement tandis que le train courait loin de Palerme, et que ce matin voilé éclairait la mer mouvante, violette ou grise tour à tour, les montagnes nues et brunâtres, les vastes plaines peuplées de citronniers et d'oliviers, il lui eût fallu entrer, avec Mme Scilly, à cette même heure, dans la chambre d'Henriette. La lumière de ce jour mélancolique — un de ces jours où il y a comme de l'adieu dans l'air — s'harmonisait à la pâleur du visage souffrant de la jeune fille. ”
Jean Féron,
Dans la terre promise
“ Si, quelquefois, une mare d’eau ou une pièce de terrain un peu boueux leur barrait le chemin, Placide enlevait sa petite femme dans ses bras et la transportait sur le terrain sec. Elle n’était pas bien lourde cette petite femme qui riait de si bon cœur,... lui l’aurait portée au bout du monde. Car il était grand et fort, il était justement de cette taille qu’exigent les rudes travaux de la terre. S’il avait encore un peu les airs de la ville, la chose ne tira pas à conséquence : le climat et la besogne journalière d’ailleurs en feraient bientôt un vrai paysan. ”
Paul Bourget,
La Terre promise
“ Sur ce sol de désastres, agité sans cesse par le frisson du tremblement de terre, une végétation violente d'orangers, de citronniers et de châtaigniers grandissait de toutes parts, des jardins fleurissaient, des villas blanchissaient, comme pour révéler la lutte obstinée de la vie contre la formidable et monstrueuse bouche de feu que le jeune homme apercevait, dans les jours clairs, toute chargée de fumée par-dessus l'immaculée blancheur des neiges. ”
Eugène Morel,
Terre Promise (Eugène Morel - La Revue blanche…
“ Comme on serait bien ici, dit Georgette Quel petit nid ! Elle se serrait contre lui, et l’orage, dehors, lavait les vastes champs nus. L’orage s’effondrait et s’épanouissait, vantard des forces supérieures toujours présentes. Il mangeait toute la plaine. Oh ! s’il avait voulu, tout ce que la terre pousse, tout ce que l’homme rêve, il aurait tout détruit. ”
Eugène Morel,
Terre Promise (Eugène Morel - La Revue blanche…
“ Cette nuit si dense reculera devant le soleil, et le froid, si dur, un rayon, moins qu’un souffle, très doux, va le briser. Encore la nuit traînera-elle sur l’horizon, les étoiles pâliront dans une lente agonie — mais l’agonie de cette femme et de cet enfant dans l’ombre... — qu’il paraisse seulement du pain, un peu de pain, et soudaine, surgira la vie, d’un coup si brusque... que la faim et la mort s’abattront, assommées. Des yeux clairs, des joues vives, des mouvements de joie vont fleurir de cette silhouette de deuil et d’hiver... ”
Paul Bourget,
La Terre promise
“ Ils se regardaient, parlaient, se taisaient, si délicieusement exaltés et ravis par ce ciel bleu, cette clarté du jour, ces arbres, ces eaux, ces fleurs, par eux-mêmes surtout, par cette magie de la présence aimée, qui mettrait le printemps là où règne l’hiver ; et, ajoutée à l’enchantement d’une heure enchantée, peu s’en faut qu’elle ne dépasse les forces de l’âme ! Henriette et Francis avaient autour de leurs personnes ce mystérieux rayonnement que projette l’extrême bonheur. ”
