Résumé

Portrait de Jean Féron Jean Féron Dans la terre promise

Tous les carreaux des fenêtres volent en éclats. Et les cailloux tombent sans cesse par millions et millions et ils sont si lourds à leur nombre que la toiture de la baraque va peut-être s’écraser sur les têtes qu’elle abrite.
Épouvantée, Flore court de çi de là, se lamente, crie... Placide, pâle, livide presque, et silencieux regarde dehors par les fenêtres mutilées cette couche d’affreux cristaux qui s’entassent déjà sur une épaisseur de pas moins de huit pouces.
Les arbres sont plus qu’à demi dépouillés déjà de leur feuillage.
Et la grêle tombe...
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Trois jours après, Placide et sa jeune femme se voyaient installés sur une belle terre, légèrement onduleuse, avec un beau bosquet de trembles autour de la maison et un autre joli bois dans un coin de la terre là où se trouvait le pacage.
Le fermier était allé vivre à Tisdale en attendant qu’il fût prêt à partir pour les vieux pays.
Pour la première fois dans sa vie Placide Bernier se sentait vivre (du moins il le croyait) d’une vie forte, puissante. Il était le fermier d’une grande terre, non propriétaire, c’est vrai, mais il en était comme le maître pour la durée du bail.
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Après cette exaltation, Placide achevait.
— Sais-tu, Flore, que tous les pauvres s’imaginent qu’ils sont appelés à la fortune et que cette fortune leur écherra un jour ? Oui, la fortune heureusement se paye le bon caprice de changer de mains ; aujourd’hui c’est un riche qui s’appauvrit, demain ce sera un pauvre qui s’enrichira. Mais combien de ces pauvres, et j’ajoute de ces pauvres bornés ou insensés, qui ignorent qu’ils ne sont pas appelés à la fortune, pour la raison qu’ils n’ont pas la vertu ou le vice pour l’acquérir.
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