Eugène Morel

Élements biographiques

Portrait de Eugène Morel Eugène Morel,  Terre Promise (Eugène Morel - La Revue blanche…

“ Qu’ai-je pris qui ne fut à moi ! — Tu l’étais, et je t’ai conservée, de toutes mes forces. Sois fière, lève la tête. Je te protège, et t’aime, et ils ne te prendront pas, comme ils ont fait du petit. Voler, c’est vendre ce qui n’a de prix que quand on le donne. Non, je n’ai pas volé. J’ai pris ma part de joie, d’amour... J’ai pris ma part !
Et leurs larmes tombaient, sur leur amour enfoui si profond dans leurs chairs, qu’il fallait de telles écorchures pour le mettre à nu.
Et leurs larmes tombaient, pluie d’été vite bue.
Et leur bonheur durait le temps que leurs larmes tombaient.
”
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Portrait de Eugène Morel Eugène Morel,  Terre Promise

“ Au loin, à ce qu’on voit sur les tableaux, cela touche le ciel, fait une grande barre au bas du ciel, et l’on dirait qu’elle n’est que du ciel plus épais. La nuit même on les doit confondre, tous les deux noirs, mais tandis que dans le ciel les étoiles ne bougent pas, l’eau qui remue sans cesse roule des parcelles d’astres. On dit qu’on aime la mer, qu’on l’aime à la folie, dès qu’on l’a vue, bien que ce soit un monstre qui mange les gens et noie les bateaux qui vont dessus, mais il paraît qu’elle vous regarde si doucement, étrangement, et qu’elle vous apporte de la nacre et des perles... ”
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Portrait de Eugène Morel Eugène Morel,  Terre Promise (Eugène Morel - La Revue blanche…

“ Il n’a personne, lui, qu’il puisse faire souffrir.
Épuisée de rage, déjà elle se frappe elle-même, et retombe en torpeur. L’enfant s’est enfin tu, et c’est un peu de calme, dans le silence noir, où les deux êtres abattus, sans mouvement, entendent seulement, dans le profond d’eux-mêmes, leur ventre dont la faim ne peut pas s’endormir.
Puis de nouveau, comme un râle, dernier adieu de la douleur, l’enfant, — et cela semble de très loin, très loin, — dit un mot vague qui s’efforce à dire : j’ai mal.
La mère se dresse, le touche, et le sent glacé, qui tremble... Oh ! il ne pleure plus.
”
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