Résumé

Alfred de Vigny  Éloa, ou la Sœur des anges

Pudeur, d’où venez-vous ?
Vous pouvez seule encor remplacer l’innocence ;
Mais l’arbre défendu vous a donné naissance ;
Au charme des vertus votre charme est égal,
Mais vous êtes aussi le premier pas du mal.
D’un chaste vêtement votre sein se décore ;
Ève avant le serpent n’en avait pas encore,
Et si le voile pur orne votre maintien,
C’est un voile toujours, et le crime a le sien.
Tout vous trouble ; un regard blesse votre paupière ;
Mais l’enfant ne craint rien, et cherche la lumière.
Sous ce pouvoir nouveau la Vierge fléchissait,
Elle tombait déjà, car elle rougissait
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Alfred de Vigny  Éloa, ou la Sœur des anges

Où dans le jour on voit les étoiles du soir.
Là, quand la villageoise a sous la corde agile
De l’urne au fond des eaux plongé la frêle argile,
Elle y demeure oisive, et contemple long-temps
Ce magique tableau des astres éclatants,
Qui semble orner son front, dans l’onde souterraine,
D’un bandeau qu’envîraient les cheveux d’une Reine.
Telle, au fond du Chaos qu’observaient ses beaux yeux,
La Vierge en se penchant croyait voir d’autres Cieux.
Ses regards éblouis par des Soleils sans nombre,
N’apercevaient d’abord qu’un abîme et que l’ombre.
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Alfred de Vigny  Éloa, ou la Sœur des anges

Il compose ses traits sur les désirs de l’Ange ;
Son air, sa voix, son geste et son maintien, tout change.
Sans venir de son cœur, des pleurs fallacieux
Paraissent tout-à-coup sur le bord de ses yeux.
La Vierge dans le Ciel n’avait pas vu de larmes,
Et s’arrête ; un soupir augmente ses alarmes.
Il pleure amèrement comme un homme exilé,
Comme une veuve auprès de son fils immolé ;
Ses cheveux dénoués sont épars ; rien n’arrête
Les sanglots de son sein qui soulèvent sa tête.
Éloa vient et pleure ; ils se parlent ainsi :
 Que vous ai-je donc fait ?
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