“ L’histoire du péché théologal nous fait bien voir, il est vrai, comme quoi l’homme a été condamné par le Seigneur à gagner son pain à la sueur de son front ; mais celle du péché économique comble une lacune regrettable en nous révélant comme quoi il y a des hommes qui échappent à cette ordonnance du Seigneur. ”
Péché capital
Définition et enjeux
Citations sur “péché capital”
Pierre-Joseph Proudhon,
Les Confessions d’un révolutionnaire
“ L’idée économique du capital, l’idée politique du gouvernement ou de l’autorité, l’idée théologique de l’Église, sont trois idées identiques et réciproquement convertibles : attaquer l’une c’est attaquer l’autre, ainsi que le savent parfaitement aujourd’hui tous les philosophes. Ce que le capital fait sur le travail, et l’État sur la liberté , l’Église l’opère à son tour sur l’intelligence. ”
Jean Charruau, Un apôtre des enfants et des ouvriers… (1885)
“ Telles sont leurs conclusions sur le point que la raison de concert avec la Foi nous enseigne être le point fondamental, capital, l'unique affaire nécessaire, d'une nécessité absolue, pour l'homme créé à l'image de Dieu pour glorifier Dieu et se sauver. ”
Antoine Blanc de Saint-Bonnet,
De la Restauration française : mémoire présenté au clergé et à l'aristocratie
(1851)
“ Relisons la loi économique jusqu'au bout : la richesse sort de la production, la production du capital, le capital de la vertu, et la vertu de la foi. Les peuples du globe sont riches en proportion de leur foi ; ils s'éloignent de la richesse à mesure qu'ils s'éloignent des puretés du Christianisme. ”
Cyprien Perrossier, Notice sur la vie et les vertus de M. l'abbé Jeunot aumônier du monastère de Sainte-Claire de Romans (1878)
“ C'est un capital que vous placez à gros intérêts entre les mains de Dieu, qui en a besoin pour l'exploitation de son héritage terrestre ; car il recherche avec autant d'ardeur les pauvres âmes rachetées de son sang, que les spéculateurs de la terre en mettent dans la poursuite de leurs intérêts temporels, de peur qu'elles n'emportent dans l'enfer les précieux fruits de sa rédemption. ”
Ernest Renan,
Revue des Deux Mondes
“ C’est ici la plus grande erreur du christianisme. Il fit bien pis que de dire aux pauvres : « Enrichissez-vous aux dépens du riche » ; il dit : « La richesse n’est rien. » Il coupa le capital par la racine ; il défendit la chose la plus légitime, l’intérêt de l’argent ; en ayant l’air de garantir au riche sa richesse, il lui en retrancha les fruits ”
Antoine Blanc de Saint-Bonnet,
De la Restauration française : mémoire présenté au clergé et à l'aristocratie
(1851)
“ La nature entière conspire à faire du sang, et la richesse à faire l'homme. Les nations n'ont d'autre but que la formation de ce divin capital. Que la Société protége de tous ses moyens la sublime phalange des travailleurs qui, sous le salaire de la Providence, produit directement ce capital glorieux, réservé pour l'Infini. Le Clergé, prêchant le travail et la modération dans les jouissances , est la grosse racine de l'arbre économique. Le vice détruit la richesse chez celui qui la possède, dans la Société dont il l'emprunte, et dans le sang qui la consomme; l'homme comme capital est perdu. ”
Adolphe Franck,
Philosophie du droit civil
(1886)
“ Mais une religion, si détachée qu'elle soit des choses de la terre, suppose un enseignement, un culte, des temples, des autels, un apostolat, un sarcerdoce, toutes choses qui se rattachent à l'ordre économique, toutes choses qui commandent des sacrifices et des dépenses ou qui ne peuvent se passer du capital. Cette relation nécessaire entre la religion et le capital est plus évidente encore dans le système qui est aujourd'hui en faveur chez un grand nombre de publicistes. ”
Un Membre du Tiers-Ordre de Saint-François, Vie de saint Pierre d'Alcantara… (1860)
“ Notre siècle a divinisé la richesse et proclamé le culte de l'or. Au dire des sages, le seul pain de la vie sociale serait le pain matériel ; et l'accroissement indéfini du capital, la fin dernière de la civilisation. D'étranges illusions se cachent sous de pareilles théories ; et le jour n'est peut-être pas éloigné où, trahi par l'idole devant laquelle fume aujourd'hui son encens, plus d'un apôtre de la richesse, confessant l'infaillible vérité, dira peutêtre, avec l'Évangile, comme nous, mais trop lard : Heureux les pauvres! ”
Louis Valder, La Crise sociale, par Louis Valder (1868)
“ Je voudrais donc que tous les bons catholiques, évêques, prêtres, religieux, tous les propriétaires qui tiennent à la religion de leurs ancêtres, tous les pères de famille qui peuvent disposer de quelques ressources, formassent par cotisation un immense capital destiné à inonder la France, l'Europe et le monde d'opuscules, de feuilles intéressantes où la religion et la morale se mêleraient avec mesure aux questions humaines, comme le sel aux aliments. ”
Léon Harmel,
Manuel d'une corporation chrétienne…
(1877)
“ Dans notre siècle, où la force prime le droit, le capital n'a plus aucune règle, et ce n'est pas sans motif que son joug paraît de plus en plus lourd. Mais ce mal n'a qu'un remède, c'est la loi de Dieu. Si le capital ne devient Pas chrétien, il fera peser sur le monde une tyrannie toujours plus dure. Dans notre société libérale, les âmes sont estimées à un moindre prix que l'argent, et les hommes qui parlent d'abaisser le pouvoir du capital sont précisément ceux qui lui livrent la toute-puissance dans leur système païen, où la dignité humaine disparaît devant la force du nombre. ”
Pierre Dabry, Les Catholiques républicains, histoire et souvenirs… (1905)
“ Au risque de paraître un isolé et un excessif, je dirai : ce qu'il faut protéger, ce n'est pas le capital, c'est le travail ! Il ne faut pas laisser croire que l'Eglise est un gendarme en soutane qui se jette contre le peuple audevant et dans l'intérêt unique du capital ; il faut, au contraire, qu'on sache qu'elle agit dans l'intérêt et pour la défense des faibles. Quand le peuple saura cela, quand il sera bien convaincu que l'Eglise n'est pas faite pour la richesse, alors nos efforts seront près d'aboutir et la pensée du Saint-Père sera réalisée. ”
Georges-Bonaventure Battur, Dieu et le peuple, appel à la France et à l'Europe… (1850)
“ DIEU, C'EST LE MAL !... C'est un être cruel et fantastique qui te trompe, ô peuple, en le recommandant la patience, la résignation et l'espoir dans la souffrance.... Brise celte idole, détruis tout ce qui s'oppose à les jouissances. La terre est ton domaine; LA PROPRIÉTÉ, C'EST LE VOL ! Le capital, un ennemi cruel, car il pressure ton travail et s'interpose entre les biens de la terre et toi. Anathême à l'épargne, car elle l'appartient comme à celui qui l'a formée ”
Alphonse Toussenel,
Les Juifs, rois de l'époque : histoire de la féodalité financière
(1845)
“ La faute en est à vous, ô prêtres, ministres de ce Dieu de charité qui naquit dans une étable ; à vous, les successeurs des apôtres, qui n'avez pas osé glorifier le travail dans vos chaires, et faire valoir près des puissants ses droits imprescriptibles; qui n'avez pas osé, à l'exemple de votre divin maître, flétrir le commerce, comme profession parasite et impure, et répéter aux possesseurs du capital, que le droit de vivre primait celui de la propriété. ”
Eugène Moret, Histoire des Jacobins (1865)
“ Si vous pratiquez la religion catholique, pratiquez-la à votre aise, mais payez-en les frais. L'impôt du culte ne devrait nécessairement exister que sur ceux qui l'emploient. L'Église s'enrichirait moins vite peut-être, mais elle l'est si puissamment déjà qu'elle pourrait sans péril ne plus augmenter son capital. ”
Abbé, L'Internationale et le christianisme (1872)
“ Mais non, ô mon peuple, toi le peuple du travail et de la pauvreté, populo meo pauperi, tu te souviendras plutôt que le Christ était lui aussi un pauvre artisan, fils d'un artisan, qu'il a dit anathème au capital injuste, qu'il a proclamé le premier sur la terre la liberté du travail et du travailleur, que ses anges ont transporté le pauvre Lazare dans le sein d'Abraham, tandis qu'ils ont laissé tomber le mauvais riche au fond des enfers ”
Henri Duclos,
Voyage à travers les malentendus…
(1863)
“ De même qu'il y a un capital social de l'humanité amassé par les découvertes successives de la science et de l'industrie, et par les progrès moraux et matériels, il y a aussi un capital social de l'humanité religieuse : ce sont les développements historiques du lien religieux ou du rapport de l'homme avec Dieu. ”
Pierre-Joseph Proudhon,
De la justice dans la Révolution et dans l’Église
“ En raison de l’inégalité naturelle que vous ne pouvez détruire, et des institutions sociales que vous ne pouvez pas davantage abolir, la répartition de la richesse, obtenue par conquête, invention ou découverte, ou née de la combinaison du travail et du capital, s’opère fatalement selon le caprice du hasard ou le bon plaisir de la Providence, qui comble ceux qu’il lui plaît, et laisse aux autres pour remède à leur extrême dénûment la charité évangélique, dont l’Église est à la fois l’institutrice et l’organe. ”
Édouard Lecanuet, Les premières années du pontificat de Léon XIII… (1931)
“ Aux maux des sociétés modernes, quel sera donc le remède? interroge le Pape. Remedium unde petendum? L'Église du Christ seule possède les remèdes efficaces; seule elle peut rapprocher les pauvres des riches. Elle leur répète qu'ils ont un impérieux besoin les uns des autres, qu'il ne peut y avoir de capital sans travail, ni de travail sans capital ; elle rappelle aux patrons et aux ouvriers leurs devoirs de justice. ”
John Nelson Darby,
Sur l’apostasie de l’économie actuelle
“ Mais de quelque manière que le mal se soit manifesté alors dans ses effets, ce n’étaient-là que les signes d’un principe agissant, qui devait être consommé dans l’homme du péché ; d’un principe qui entraînait l’Économie dans l’Apostasie et dans la ruine, quelle que fût la patience miséricordieuse de Dieu. Ce principe opérant déjà, fournissait par-là-même aux Apôtres une occasion de prévenir l’Église ”
Ernest Seillière,
L’Âme styrienne et son interprète Pierre Rosegger…
“ En général, la conception de l’intérêt produit par un capital est étrangère à ces intelligences naïves : les vieilles servantes auxquelles on rapporte leur pécule grossi dans les caisses d’épargne, repoussent le supplément comme une charité déguisée qui les offense. C’est que, remplaçant tout intérêt, dispensant même à l’occasion de restituer le principal, il y a le Vergelt’s Gott chrétien, le « Dieu vous le rende, » qui prépare au ciel une sûre récompense, et qui n’est pas sans utilité dès cette vie. ”
F. Delbreil, Nos devoirs dans la question sociale et dans la presse… (1878)
“ Or nous, catholiques, nous faisons profession de considérer comme impuissants à faire cesser l'antagonisme du travail et du capital, tous ceux qui refusent de soumettre l'un et l'autre aux règles de notre vieille civilisation chrétienne. ”
Paul Lafargue,
Pamphlets socialistes
“ Le Capital est le Dieu réel, présent partout, il se manifeste sous toutes les formes - il est or éclatant et poudrette puante, troupeau de moutons et cargaison de café, stock de Bibles saintes et ballots de gravures pornographiques, machines gigantesques et grosses de capotes anglaises. Le Capital est le Dieu que tout le monde connaît, voit, touche, sent, goûte; il existe pour tous nos sens, Il est le seul Dieu qui n’a pas encore rencontré d’athée. ”
Paul Lafargue,
Pamphlets socialistes
“ Aux noirs temps du moyen âge, alors que le Capital, notre Seigneur, semblable à l’enfant qui palpite sourdement dans le sein de la femme, s’élaborait mystérieusement dans la profondeur des choses économiques, alors que pas une bouche ne prophétisait sa naissance, alors que l’âme humaine ignorante de la venue d’un Dieu, ne tressaillait pas d’allégresse, alors cependant le Capital commençait à diriger les actions des hommes. ”
Augustin Thierry,
Principes pour les élections de 1817…
(1817)
“ Ceux qui vivent de ce capital impérissable, sans soins et sans frais d'esprit, lui rendent une sorte de culte , comme le sauvage qui se laisse nourrir par son arbre , et qui ne sait que tomber à genoux pour l'en remercier. ”
Charles-François Chevé, Le Dernier Mot du socialisme, par un catholique… (1848)
“ Bien plus, nous voulons,, sansremonter, très haut, prouver qu'au milieu du xvm siècle, c'est-a-dire au moment même où l'Eglise s'est tout-à-fait relâchée de ses anciennes rigueurs contre l'usure, ses principes entraînent encore forcement la suppression du revenu ou de l'intérêt de tout Capital, quel qu'il soit. ”
“ C’est surtout cette fin qui doit régler l’économie sociale. Autrement, ces sociétés dégénéreraient bien vite et tomberaient, ou peu s’en faut, au rang des sociétés où la religion ne tient aucune place. Aussi bien, que servirait à l’ouvrier d’avoir trouvé au sein de la corporation l’abondance matérielle, si la disette d’aliments spirituels mettait en péril le salut de son âme ? « Que sert à l’homme de gagner l’univers entier, s’il vient à perdre son âme ? » (44) Voici le caractère auquel Notre Seigneur Jésus-Christ veut qu’on distingue le chrétien d’avec le païen. ”
Armand Ravelet, Traité des congrégations religieuses… (1869)
“ Les sociétés à capital variable peuvent donc parfaitement servir à régler les rapports juridiques de ces associés. Inventées pour les petits, les pauvres et les ouvriers, elles conviennent à ces pauvres volontaires qu'on appelle des religieux et des moines et qui sont les ouvriers de la parole évangélique, travaillant pour vivre et vivant pour glorifier Dieu. ”
Abbé, L'Internationale et le christianisme (1872)
“ La justice et la vérité, avec Dieu et non contre Dieu, voilà le terrain sur lequel doit se retrancher l'ouvrier pour combattre les tendances anti-chrétiennes et anti-sociales du capital, et sur ce terrain, il sera soutenu par dix-huit siècles de christianisme. Que le riche satisfait n'ayant nul besoin de protecteur ni d'appui, qui est à lui-même son Dieu et le Dieu de ce monde, nie tout autre Dieu, cela se conçoit ”
Abbé, L'Internationale et le christianisme (1872)
“ Mais l'Eglise, qui dès son apparition avait fait sienne la cause des pauvres et de l'affranchissement du travailleur, éleva la voix et se dressa devant cet ennemi déguisé comme elle l'a fait devant ce même ennemi agissant en plein jour. C'est une mère qui défend ses enfants contre la rapacité du capital. Sa bouche n'a que des anathèmes et ne fulmine que malédictions contre le riche sans entrailles qui suce lé sang du pauvre. ”
Léon Tolstoï,
Les Quatre Évangiles
“ Voilà pourquoi nous avons hardiment mis dans notre traduction, à la place du terme impossible d’injuste, et du terme insuffisant de trompeur, le mot mauvais, et si l’on veut passer en revue tous les passages de l’Évangile où Jésus parle de l’argent, on verra que nous n’avons pas eu tort. La parabole de l’économe prouvait une fois de plus que l’argent peut être une cause de péché. ”
G. d’Avenel, Revue des Deux Mondes
“ Notez que ce rentier, dont le capital se monte à 1,000 livres, est supposé se conformer avec scrupule aux lois de l’Eglise, en même temps qu’aux exigences de l’opinion. Il ne prête pas son bien à usure ; il a trouvé moyen de le placer de manière à satisfaire à la fois sa conscience et sa bourse ; il tient à l’estime de ses concitoyens, à l’absolution de son confesseur et se contente du taux relativement modique de 10 pour 100. ”
D.-Em. Luquet, Restauration française, par M. A. Blanc de Saint-Bonnet… (1873)
“ La religion seule a le pouvoir de neutraliser chacun de ces principes subversifs. Envisageant d'abord le capital dans sa création, pour le défendre contre le socialisme, M. de Saint-Bonnet le définit : « un produit épargné et employé. »■ Ainsi entre les mains d'un homme et plus encore d'une race, d'une nation, le capital suppose à sa source des vertus naturelles et même chrétiennes d'un grand prix, le travail et le retranchement sur sa consommation. ”
John Nelson Darby,
L’Attente actuelle de l’Église
“ La prophétie jette sur les économies de Dieu une grande lumière, et dans ce sens elle en donne beaucoup aussi pour notre affranchissement spirituel. Ce qui empêche le plus l’âme de trouver cet affranchissement, c’est l’erreur que l’on commet en confondant la loi avec l’Évangile, les économies passées avec l’économie présente. ”
Le miroir des radicaux et des bousingots (1878)
“ Le capital ayant été dispersé dans tout le peuple pour lui donner du travail, de l'aisance. Voilà ce qui met la rage au coeur des radicaux et pourquoi ils emploient tous leurs efforts pour rendre odieux le Christianisme produisant de tels résultats, le traînant dans la boue, accablant de mépris ceux qui le soutiennent ”
Claude-Henri-Augustin Plantier, Conférences données à Notre-Dame de Paris (1849-1854)
“ Plus il entre de lar-geur, d'equite, de sagesse dans les lois qui en re-glent l'acquisition , la distribution , la transmission, les charges et la stabilite, plus la societe s'êlève et prend vis-a-vis de l'histoire une place honorable. Eh bien! par un tort capital, le protestantisme a debute par une atteinte a la propriete. Dans les Etats ou furent accomplies ses conquetes premieres, l'Eglise et les monasteres possedaient legalement, et pour le soutien des pauvres, des biens plus ou moins considerables. ”
John Nelson Darby,
Sur l’apostasie de l’économie actuelle
“ Le jugement de Dieu envers l’Économie, étant fondé sur la responsabilité de l’homme et la justice divine, c’est envers la masse des professants, le corps tout entier et ses chefs, qu’il a lieu ; la sécurité des saints demeurant toujours hors de ses atteintes. De plus, le refuge des saints est en dehors du système jugé, parce que c’est une génération perverse, et leur place de bénédiction est l’Économie qui succède au jugement de ce dont ils ont été délivrés. ”
