Paul Lafargue

Paul Lafargue

Résumé

Portrait de Paul Lafargue Paul Lafargue Pamphlets socialistes

Dans la société capitaliste, il n’est pas de travail plus honorable que celui de la courtisane. Tenez, regardez le travail de l’ouvrière et contemplez ensuite celui de la courtisane. A la fin de sa longue et monotone journée, l’ouvrière méprisée, pâlie et courbatue, ne tient dans sa main amaigrie que le modique salaire qui l’empêche de mourir de faim. La courtisane, joyeuse comme un jeune dieu, se lève de son lit ou de son canapé et, secouant sa chevelure par­fumée, elle compte négligemment des louis d’or et des billets de banque. Son travail ne laisse sur son corps ni fatigue, ni souillure
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C’était l’éternelle jeunesse, l’éternelle jouissance qu’il fallait me donner.
—Imbécile ! que la mort est lente à achever ton corps qui déjà n’est qu’un sépulcre blanchi !... pensa l’homme rouge, irrité des lamentations continuelles du Saint-Père.
—A quoi bon l’infaillibilité ! continua en pleurant le Pape, si les vers sans yeux et sans oreilles dévorent demain la chair de l’Infaillible.
—Nous t’embaumerons, nous te pétrifierons afin que la face du premier Infaillible vive à jamais. — Pourquoi pleurer comme une femme, quand tu devrais agir comme un homme ?
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Vous êtes plus naïfs que les veaux paissant dans les prairies, ô poètes, ô dramaturges, ô romanciers, vous qui injuriez la courtisane parce qu’elle n’ac­corde l’usage de son corps que contre argent comptant, vous qui la traînez dans la boue parce qu’elle cote à un prix élevé ses tendresses. Vous voulez donc qu’elle profane la parcelle divine qui est son corps, qu’elle le rende plus vil que les pierres du chemin? Vous, moralistes, qui êtes des porcheries à en­grais­ser les vices, vous lui reprochez de préférer l’or fin au cœur brûlant d’amour.
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