Théodore Maurer

Résumé

Théodore Maurer Fleurs morvandelles (1906)

Si le clair renouveau rit dans les genêts d'or, Et revêt les vergers de blanches broderies, La fin d'été, l'automne ont des grâces encor, Sous le rose manteau des bruyères fleuries.
Ce n'est plus, dans les nids désertés, la chanson Des oiseaux nés d'hier mêlée à des bruits d'ailes; Mais la brise s'accorde au musical frisson De nos bruyères morvandelles.
Le feuillage blessé sous la pâleur des jours, De la mort du soleil en vain m'est un présage; La nature m'est chère et me sourit toujours, Tant qu'elle chante et porte une fleur au corsage.
Source : Gallica

Théodore Maurer Fleurs morvandelles (1906)

La lune, enveloppant les beaux marbres polis, Évoque, par magie, un peuple de statues Vêtu de neige vierge et couronné de lys.
La brume flotte ainsi qu'un voile d'épousée; Et voici que sur l'eau qu'elle cache à demi, On croit voir, près du bord où perle la rosée, La tête sous son aile un grand cygne endormi.
Le Rossignol
Musique sous la Lune
Un son voilé, note entendue à peine; Moins qu'une note, un soupir, une haleine
A passé dans la nuit. Ce son s'élève, un instant se balance, Et semble encore élargir le silence
Sous le croissant qui luit.
Source : Gallica

Théodore Maurer Fleurs morvandelles (1906)

La nature s'éveille, et c'est Pâques-fleuries! Un soleil indécis s'essaye au ciel plus clair; Et, tandis que des chants déjà passent dans l'air, Avril diligemment prépare ses féeries.
L'aubépin, qui recèle un flot de broderies, N'entr'ouvre qu'à demi son frêle bourgeon vert. O printemps, nous t'avons espéré tout l'hiver, Au coin du feu, dans la langueur des rêveries!
Nos montagnes, là-bas, attendent le doux mai, Dont le souffle léger va courir, embaumé, Parmi la feuillaison où le jour se tamise.
Source : Gallica

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