Résumé

Portrait de André Theuriet André Theuriet Le Livre de la Payse : nouvelles poésies… (1883)

Patois de mon pays, ta musique ne vibre Ni ne chante à l'égal des langues du Midi; Ton idiome est sourd, mais robuste et hardi; C'est le mâle parler d'un coeur vaillant et libre.
Tantôt souple et traînant, tantôt presque brutal, Gris comme notre ciel et fort comme nos terres, Tu représentes bien ces âpres caractères Que l'air de nos forêts trempe comme un métal.
Pourtant dans ta rudesse un mot parfois se glisse Comme un bleuet se mêle aux lourds épis de blé; Un mot tendre, enfantin, lentement modulé Sur un rythme berceur comme un chant de nourrice.
Source : Gallica

Portrait de André Theuriet André Theuriet Le Livre de la Payse : nouvelles poésies… (1883)

O valse, comme une rosée, Ta musique amollit le coeur.
Un doux sourire se reflète Dans les prunelles de ses yeux;
La Valse. 133
Si sa bouche reste muette, Son silence est délicieux ; Si son regard est anxieux, Sa lèvre est pleine de tendresse, Et l'amour met une promesse Dans les prunelles de ses yeux...
O valse amoureuse et souple, Ta voix berce l'heureux couple Comme un chant du temps passé. O valse, ta voix est triste, Un sanglot sourd y persiste, Un écho du Nord glacé; On dirait Mignon qui rêve Au bleu pays où se lève Un soleil jamais lassé...
Source : Gallica

Portrait de André Theuriet André Theuriet Le Livre de la Payse : nouvelles poésies… (1883)

Comme un jeune vin au fond des futailles, Tous ces souvenirs en toi gronderont, Et tu t'en iras aux grandes batailles, La sagesse au coeur et l'audace au front.
Nous ne verrons pas ce jour des revanches, Nous; nos yeux seront depuis longtemps clos, Et depuis longtemps sur nos pierres blanches Le vent secouera l'herbe des tombeaux; Mais nous entendrons votre cri de guerre, Et quand, tout fumants d'un juste courroux, Vous nous vengerez, au fond de la terre Nos os dormiront d'un sommeil plus doux.
Source : Gallica

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