Résumé

Antonio Spinelli Ce que disent les fleurs : sonnets… (1884)

Et ton urne, où la nuit laisse tomber ses pleurs, Recèle des senteurs de nard et d'ambroisie.
On rêve en te voyant de vague poésie; L'âme attristée oublie un instant ses douleurs; Et c'est ta fleur, aimée entre toutes les fleurs, Qui brille au premier rang sous le ciel de l'Asie.
Eli bien! lys d'Orient, dont nos lys sont jaloux! Sous le firmament bleu, je sais un front plus doux Que ton front transparent, fait de neige et d'opale :
Et je sais — sans parler d'une angélique voix — Une haleine plus fraîche et plus pure cent fois, Que le parfum qu'au soir ta chaste coupe exhale.
Source : Gallica

Antonio Spinelli Ce que disent les fleurs : sonnets… (1884)

L'oiseau chante, le ciel est bleu, l'air embaumé. L'immortelle nature, en souriant, s'éveille ; Plus tiède est le zéphyr, l'aurore plus vermeille, Tout renaît, tout fleurit, tout parle au coeur charmé !
La terre et le soleil, hier, ont consommé De nouveau leur hymen. — Toi dont l'âme sommeille, Jeune fille aux yeux bleus, pourquoi fermer l'oreille Aux doux propos d'amour? — c'est si bon d'être aimé !
Viens près de ce buisson respirer mon haleine !
Ouverte ce matin, ma coupe est toute pleine
De ces parfums si chers aux rêveurs de vingt ans !
Source : Gallica

Antonio Spinelli Ce que disent les fleurs : sonnets… (1884)

La brise n'a pour moi que de froides haleines ; Le papillon me fuit ; les nocturnes phalènes Ne m'effleurent jamais de leurs ailes le soir;
Jamais auprès de moi l'abeille ne se glisse; Car je n'ai pas de miel dans mon double calice, Je n'ai pas de parfum dans mon riche encensoir !
L'ASTER ET L'ÉTOILE
I
L'ASTER.
Larme des nuits, pur diamant, Splendide lumière étoilée, Tantôt claire, tantôt voilée, Que fais-tu dans le firmament?
Est-ce quelque terrestre amant Que tu cherches dans la vallée, Quand sur ta tige immaculée, Soeur, tu penches ton front charmant?
Source : Gallica

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