Élie de Biran

Résumé

Élie de Biran Fleurs éparses, poésies (1882)

Étrange illusion du pauvre cœur humain !
Quand il a ce qu'il veut, ce cœur désire encore : L'ambition l'étreint et l'amour le dévore ; A l'objet possédé succède un autre objet.
C'est le destin du prince et celui du sujet, Du riche qui jouit et du pauvre qui souffre.
Ainsi passe la vie, avant d'aller au gouffre Où flotte l'inconnu sur l'abîme béant :
Pour l'un l'éternité, pour l'autre le néant.
Tenace voyageur, qu'en vain la ronce blesse, L'homme marche toujours en avant, sans faiblesse.
Il cherche un nouveau bien, de la plaine aux sommets; Quant au suprême but, il ne l'atteint jamais !
Source : Gallica

Élie de Biran Fleurs éparses, poésies (1882)

Et trouvèrent toujours des échos dans mon cœur, Tes vers nés d'un éclair, d'une subtile flamme, M'ont donné l'avant-goût du céleste bonheur.
Qu'est-ce que le poète, et qu'est-ce que la lyre?
Le poète est le prêtre inspiré par le ciel; La lyre, l'instrument où le divin zéphyre Murmure doucement à l'homme son appel.
Le poète est pour nous l'interprète sublime De la beauté, du vrai, du langage de Dieu; Il révèle le sens de ce verbe qu'anime Un souffle tout-puissant envoyé d'un haut lieu.
Une chaleur subite enflamme sa poitrine; Il sent battre son cœur d'un secret battement
Source : Gallica

Élie de Biran Fleurs éparses, poésies (1882)

Du bonheur qui naît sur la terre Voyant s'épanouir la fleur, Elle y répand sa grâce austère, Ou, par un étonnant mystère, Idéalise la douleur.
Un peuple a fait de grandes choses : Elle tempère dans son cœur L'ivresse des apothéoses Par la clémence du vainqueur.
Mais s'il succombe, elle s'écrie Avec un accent indompté : « Enfants d'une race meurtrie, » Ceux qui tombent pour la patrie » Naissent à l'immortalité ! »
Elle plane au-dessus des cimes Où, loin d'un monde ténébreux,
Éclatent les pensers sublimes Et les sentiments généreux.
Source : Gallica

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