Victor Mangin

Lida (1844)

Résumé

Victor Mangin Lida (1844)

JEBOVAH, à l'ange.
Ange au front pur où luit l'étoile de la foi, Quel est l'écho plaintif qui monte ainsi vers moi ?
L'ANGE.
Seigneur, ce triste écho, dont je frissonne encore.
Vibre d'un instrument brisé, quoique sonore; C'est la voix d'une femme éplorée, à genoux , Et qui tourne, en priant, ses yeux mouillés vers nous.
JEHOVAH.
Les pleurs qu'elle a versés sont un second baptême Qui lavera son front. Quelle est sa faute?
L'ANGE.
Elle aime !
Elle aime , elle est coupable, elle a terni sa fleur !
JEHOVAH.
Chaque péché s'efface, ange, par chaque pleur.
Source : Gallica

Victor Mangin Lida (1844)

Je te disais : Ma sœur! et je vous dis : Madame
Il ne me reste plus dans le cœur qu'un serment De cet amour éteint comme une vaine flamme; Mon sein veut l'éloigner à chaque battement, Mais toujours je le sens retomber sur mon âme,
Ce serment, je le fis en échange du tien, Je te le garde encor; — le tien, l'oubli l'emporte Comme le vent d'hiver la feuille jaune et morte!
L'amour peut donc ainsi s'effacer aussi bien Dans le cœur, que sur l'eau le vain sillon s'efface Quand l'esquif est passé, sans laisser plus de trace?
Source : Gallica

Victor Mangin Lida (1844)

Dieu met, quand nous naissons, pour guider notre enfance, Une femme, un génie, une autre providence, Au chevet du berceau qu'avec un doux frisson Sa main, sa voix, son cœur bercent à l'unisson.
Du sein qu'elle nous tend, où nous portons la bouehe, Comme d'un oreiller nous faisons notre couche, Et par elle et par nous la vie est un bienfait; Elle a notre sourire et nous avons son lait, Et pour doubler ses jours elle voit son image Se rajeunir en nous sous les traits d'un autre âge.
Le ciel même à ses yeux est pour elle dans nous, Comme notre univers est entre ses genoux.
Source : Gallica

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