Adelphe Froger

Résumé

Adelphe Froger Les amours profondes (1875)

Ses seins rebondissants et ses cheveux légers Et ses bras penchent comme une fleur sur sa tige.
L'âme s'emplit d'amour et s'emplit de vertige, Les murailles de marbre ont l'air de s'attendrir; Et ses bras penchent comme une fleur sur sa tige ; On dirait qu'elle tombe et qu'elle va mourir.
Les murailles de marbre ont l'air de s'attendrir, Le jour, pâle, apparaît comme un mort qu'on exhume, On dirait quelle tombe et qu'elle va mourir; D'autres viennent encore et dansent dans la brume.
Le jour, pâle, apparaît comme un mort qu'on exhume, L'ombre, ainsi qu'un oiseau, s'enfuit dans le ciel bleu
Source : Gallica

Adelphe Froger Les amours profondes (1875)

De même qu'il est fou d'entr'ouvrir ses fenêtres Pour admirer un soir d'hiver gris et brumeux, — C'est étrange qu'on ait de l'amour pour les êtres Qu'on sait les plus pervers et les plus venimeux.
Mais c'est la loi terrible et farouche. Nos âmes Doivent laisser entrer en elles, tour à tour, Les pensers forts avec l'idéal plein de flammes, Et les suggestions viles avec l'amour.
Toi, j'ai mis sur ton front l'auréole puissante Des élus à qui Dieu sourit d'en haut, — sans voir Que ton âme était vile, impure et malfaisante, Ton cœur ardent au crime et rétif au devoir.
Source : Gallica

Adelphe Froger Les amours profondes (1875)

Nos yeux étaient voilés par un deuil taciturne; Et, comme de son cœur prêt à se déchirer
La tristesse coulait à flots comme d'une urne, Elle pencha la tête et se mit à pleurer.
J'ai couvert de baisers sa poitrine odorante, Ses beaux yeux aussi doux que le soir d'un beau jour, Et j'ai, collant ma lèvre à sa lèvre mourante, Noyé toute la nuit mon âme dans l'amour.
La lune, se levant au milieu des étoiles, Éclaira nos baisers et nos pleurs infinis.
Les nuages passaient au ciel comme des voiles; Oh ! comme le silence est profond dans les nuits !
Source : Gallica

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