Eugène Orrit

Résumé

Eugène Orrit Les soirs d'orage (1841)

LE RAYON.
Ail soir d'un jour brûlant d'été, lorsque l'orage Se forme à l'horizon; que l'immobile ombrage Sent tomber tout à coup de larges gouttes d'eau ; Que dans les airs émus des vapeurs se répandent, Et sur l'éclat du ciel rapidement étendent Leur morne et funèbre rideau ;
Un vent sinistre vole en balayant la terre; La forêt, qui rêvait dans un silence austère, S'éveille en tressaillant sous son abri profond ; Et les chênes, penchant leur vaste chevelure, Se disent dans leur langue au sublime murmure : Si la foudre en tombant nous meurtrissait le front !
Source : Gallica

Eugène Orrit Les soirs d'orage (1841)

Tout semble, avec la foi du chantre de Sion, Soupirer la prière et l'adoration !
Heureux qui, se hâtant lorsque la cloche appelle, Va se mettre à genoux au fond d'une chapelle, Et, plein de repentir, sur les pieds du Sauveur Répand avec amour le vase de son cœur!
Heureux qui, du mystère aimant les vastes ombres, Vous chasse sans effort, doutes encor plus sombres !
Son âme refleurit aux ardeurs de l'autel : Quand la nuit le surprend, vers le jour immortel Il s'élève en esprit ; sa prière inspirée Franchit dans son essor la muraille sacrée.
Asile chaste et calme au sein d'un peuple impur
Source : Gallica

Eugène Orrit Les soirs d'orage (1841)

Lampe, retiens ta flamme mourante Et crains du soir la brise odorante, Légère aux fleurs ; Mais sur toi plane déjà son aile, Déjà fuit ta dernière étincelle : Lampe, tu meurs !
Qu'ainsi bientôt s'achève ma vie, Pauvre clarté tremblante et pâlie !
Oh ! loin du sol Puisse mon âme, enfin consolée, Vers ce ciel à la voûte étoilée Prendre son vol !
J'aime l'ombre, voile du mystère ; J'aime l'odeur qu'exhale la terre ; Les sourds frissons Du feuillage, et le cri monotone Des insectes dont l'essaim bourdonne Sous les buissons.
Oh! la vie, en oubliant, est belle !
Source : Gallica

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