Eugène Orrit, Les soirs d'orage (1841)
“ LE RAYON. Ail soir d'un jour brûlant d'été, lorsque l'orage Se forme à l'horizon; que l'immobile ombrage Sent tomber tout à coup de larges gouttes d'eau ; Que dans les airs émus des vapeurs se répandent, Et sur l'éclat du ciel rapidement étendent Leur morne et funèbre rideau ; Un vent sinistre vole en balayant la terre; La forêt, qui rêvait dans un silence austère, S'éveille en tressaillant sous son abri profond ; Et les chênes, penchant leur vaste chevelure, Se disent dans leur langue au sublime murmure : Si la foudre en tombant nous meurtrissait le front ! ”
