Adelphe Froger

Élements biographiques

Adelphe Froger Les amours profondes (1875)

Ses seins rebondissants et ses cheveux légers Et ses bras penchent comme une fleur sur sa tige.
L'âme s'emplit d'amour et s'emplit de vertige, Les murailles de marbre ont l'air de s'attendrir; Et ses bras penchent comme une fleur sur sa tige ; On dirait qu'elle tombe et qu'elle va mourir.
Les murailles de marbre ont l'air de s'attendrir, Le jour, pâle, apparaît comme un mort qu'on exhume, On dirait quelle tombe et qu'elle va mourir; D'autres viennent encore et dansent dans la brume.
Le jour, pâle, apparaît comme un mort qu'on exhume, L'ombre, ainsi qu'un oiseau, s'enfuit dans le ciel bleu
Source : Gallica

Adelphe Froger À genoux

Qui s’étend par delà des millions de lieues.
Maintenant je suis loin de mes montagnes bleues.
Et les autres là-bas m’appellent chaque soir. »
Et les yeux du Serpent disaient : « Oh ! tout est noir !
Ce pays est mauvais, froid, sombre, impitoyable.
Et je m’y sens mourir d’une plaie effroyable.
Moi, j’étais déjà vieux quand ils m’ont emmené ;
Je ne reverrai pas la terre où je suis né,
Ni les sources, ni les grandes oasis calmes
Où j’entendais chanter ces rêveuses, les palmes,
Ni le beau ciel que tant d’étoiles inondaient ! »
Et les deux exilés, tristes, se regardaient.
Source : Wikisource

Adelphe Froger À genoux

Car, ô mon fils, la vie humaine est trop charnelle
Pour être toujours forte et pour être éternelle...
Le corps n’est rien, et l’âme est tout. Après les jours
D’ici-bas, par les uns vécus dans les amours,
Et par les autres dans la haine insatiable,
Quand le corps, étant fait de boue et périssable,
Retourne dans le fond de l’ombre et du néant,
L’âme surgit alors comme un œil de géant,
Et monte. Mais quand l’homme a méconnu le rêve,
Et que sur lui le jour mortuaire se lève,
L’âme suit au tombeau le corps évanoui,
Et, n’ayant pas prévu le ciel, meurt avec lui.
Source : Wikisource

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