Adelphe Froger

Résumé

Adelphe Froger À genoux

Car, ô mon fils, la vie humaine est trop charnelle
Pour être toujours forte et pour être éternelle...
Le corps n’est rien, et l’âme est tout. Après les jours
D’ici-bas, par les uns vécus dans les amours,
Et par les autres dans la haine insatiable,
Quand le corps, étant fait de boue et périssable,
Retourne dans le fond de l’ombre et du néant,
L’âme surgit alors comme un œil de géant,
Et monte. Mais quand l’homme a méconnu le rêve,
Et que sur lui le jour mortuaire se lève,
L’âme suit au tombeau le corps évanoui,
Et, n’ayant pas prévu le ciel, meurt avec lui.
Source : Wikisource

Adelphe Froger À genoux

Viens-tu des mers, de la montagne ou de la plaine,
Des nuages d’argent ou des astres de feu ? »
Elle me répondit alors : « Je viens de Dieu !
Écoute-moi : Depuis le jour où je suis née,
Je marche ; je n’ai pas encore vu la journée
Du repos ; je n’ai pas encore vu le moment
De m’arrêter. Je marche infatigablement.
Les mers, les bois, les monts, ces affreux réceptacles
D’orages et de vents, ne sont pas des obstacles.
Mais j’ai vu des pays si beaux sur mon chemin
Que je ne suis pas lasse encore, et que demain
Je recommencerai ma route dès l’aurore ! »
Source : Wikisource

Adelphe Froger À genoux

À Toi qui, de ton ciel d’airain jamais obscur,
Entoures de clartés mon front d’esclave impur,
Maîtresse de mon cœur, belle entre les plus belles !
À Toi qui sais charmer les sens les plus rebelles
Et qui sous tes pieds blancs le long de tes chemins
Foules des cœurs brisés qui sont des cœurs humains ;
À Toi, femme en qui rien des femmes ne surnage,
Éprise de chaos, de bruit et de carnage,
Pareille seulement pour la grandeur aux dieux
À Toi j’ai dédié ces vers mélodieux.
Le son de la musique est cher aux âmes fortes.
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature