“ L’astre de la science éclairera tes pas. Son feu vivifiant, qui déborde et ruisselle, Va pénétrer ton être et diriger ton bras. Rien ne peut t’asservir si lu restes toi-même. La pensée est ton dieu, l’idéal est ta loi ; La vertu n’est qu’un hymne et le crime un blasphème : Tu portes ton enfer et ton ciel avec toi. Dans une œuvre éternelle incarne ta pensée, Imprime sur l’airain la trace de tes pas : Tu te verras grandir, et ton âme, bercée Par les chants de la mort, ne s’endormira pas. HARMONIA. Héraclès, c’est ainsi que tu domptas la terre ”
Louis Ménard
Résumé
Louis Ménard, dans son recueil Poèmes, explore des thèmes profonds liés à l’existence, la spiritualité et la nature, à travers une langue lyrique et symbolique. Les images du ciel, des astres, des flots et des monts s’entrelacent avec des méditations sur le temps, le destin et la divinité, comme le révèle la citation « L’astre de la science éclairera tes pas ».
Les personnages tels que Blanche ou Hellas incarnent des dilemmes existentiels, tandis que des motifs récurrents comme le minuit ou l’encens évoquent des tensions entre l’humain et le divin. Ce poème, publié dans un contexte où la foi et la raison se heurtent, célèbre l’individu comme « temple de la pensée », dans une quête d’équilibre et de transcendance.
Citations de Poèmes (Louis Ménard)
“ Viens, mou bien-aimé, c’est moi qui l’appelle ! — Non, celle que je pleure, elle était rose et belle. — Oh ! je n’ai qu’une heure, et le temps s’enfuit ! Mais la terre est si froide à l’heure de minuit ! Mon petit enfant, viens, voici ta mère. — Non, ma mère était belle ; elle dort sous la terre. Et l’enfant tremblant la repousse et fuit. Mais la terre est si froide à l’heure de minuit ! Triste, elle s’en va sans attendre l’heure ; Elle ne revint plus visiter sa demeure. Hélas ! rien ne rend le bonheur détruit. Mais la terre est si froide à l’heure de minuit ! ”
“ C’est là, parmi les fleurs, sous la brise embaumée, Qu’Euphorion ouvrit sa paupière charmée. Saluant la lumière, il contemple, ébloui, Les changeants horizons qui s’ouvrent devant lui, Et jette, en secouant l’or de sa chevelure, Un caressant sourire à toute la nature, Et ses ailes d’argent volent d’un libre essor Dans les airs ruisselants d’azur, de pourpre et d’or. C’est l’heure où le soleil, sous sa voûte profonde, Baigne la terre en fleurs dans sa lumière blonde ; Le lac, les champs féconds, les bois mystérieux, Nagent dans l’éther calme en souriant aux cieux. ”
