Charles Derennes

Charles Derennes

Résumé

Portrait de Charles Derennes Charles Derennes Perséphone : poème (1920)

PERSÉPHONE 56
Pour en illuminer mon voyage et mes vers. Si ma vie encor neuve a déjà sa noblesse, C'est qu'un grand souvenir la domine, qui laisse Un esprit immuable à mes pensers divers.
Béatrice !... A jamais je reverrai la plaine Qu'au soir sanctifiaient les vols des angelus ; Des agneaux fleurissaient les buissons de leur laine En broutant l'herbe amère et rase des talus ; C'est par là que, jadis, je gagnais sa demeure, Las et traînant, avant que notre amour se meure, Un lamentable coeur qui ne l'espérait plus.
Source : Gallica

Portrait de Charles Derennes Charles Derennes Perséphone : poème (1920)

C'est le cri formidable qu'on jette Du plus clair de soi-même au plus obscur du ciel ; Le bonheur, c'est l'espoir dont l'âme est la sujette Si long temps qu'on demeure en marge du réel ; Plus tard, lorsque la vie en ses rets nous enserre, Il ne nous paraît pas être plus nécessaire Qu'une danse de fée ou le chant d'Ariel.
Source : Gallica

Portrait de Charles Derennes Charles Derennes Perséphone : poème (1920)

PERSÉPHONE 76
Le fruit, comme aliment, s'y choisit dans sa fleur ; La joie est un superbe assemblement d'images ; Des esprits asservis, me rendant leurs hommages, Ne me parlent qu'avec la musique du coeur.
Les parfums, s'élançant en fils d'or dans le vide,
S'étirent, comme fait la laine des fuseaux
Qu'une vieille aux yeux morts tourne d'un pouce humide,
Flottent ainsi qu'au vent des franges de drapeaux
Et puis, se composant, s'ordonnant par prodige,
Préparent, sous mes yeux que brouille un doux vertige,
D'éclatantes prisons à des astres-oiseaux.
Source : Gallica

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