Charles Derennes,
Perséphone : poème
(1920)
“ PERSÉPHONE 56 Pour en illuminer mon voyage et mes vers. Si ma vie encor neuve a déjà sa noblesse, C'est qu'un grand souvenir la domine, qui laisse Un esprit immuable à mes pensers divers. Béatrice !... A jamais je reverrai la plaine Qu'au soir sanctifiaient les vols des angelus ; Des agneaux fleurissaient les buissons de leur laine En broutant l'herbe amère et rase des talus ; C'est par là que, jadis, je gagnais sa demeure, Las et traînant, avant que notre amour se meure, Un lamentable coeur qui ne l'espérait plus. ”
