Résumé

Adolphe Ribaux Vers l'idéal : poésies, mirages… (1884)

Ont la même vibration, Ensemble nous montons vers le divin portique, Et rien ne troublera notre extase mystique,
Notre sainte communion.
48 Vers l'Idéal.
Communion de coeur et d'âme et de pensée
Et de volontés et d'espoir ! Oh ! que cette union si rare, commencée Dans ce monde où la fleur est trop vite glacée,
Triomphant des ombres du soir,
Aille, plus radieuse et plus parfaite encore,
Dans un séjour plus pur, plus beau, Où le regret n'est plus, où la douleur s'ignore, S'épanouir aux feux de la céleste aurore, Par delà le morne tombeau !
Source : Gallica

Adolphe Ribaux Vers l'idéal : poésies, mirages… (1884)

Chaque siècle a son dieu qu'un autre âge renie, Et l'idole du siècle est aujourd'hui l'argent.
Le Poète qui va, contemplant et songeant, Le front ceint de clarté, sur la route infinie, L'enviable Sculpteur, le Peintre de génie, Doivent se résigner à leur sort indigent.
80 Vers l'Idéal.
Car ce n'est point assez, dans le temps où nous sommes, De guider vers le Beau la cohorte des hommes Et d'abîmer son âme en un fier idéal.
L'argent, c'est le bonheur ! hors lui, tout est folie ! Quand donc, ô feu du ciel, — comme à la voix d'Elie — Viendras-tu consumer l'autel de ce Baal !
Source : Gallica

Adolphe Ribaux Vers l'idéal : poésies, mirages… (1884)

Triste, à travers les champs, je vais, le coeur en proie Au spleen amer, croyant et doutant tour à tour, Cherchant pourquoi nos yeux ont tant besoin de jour Et pourquoi cette terre est si pauvre de joie...
Une lueur soudain naît à l'horizon bleu Qui, de mille clartés changeantes, se colore, Elle grandit, s'étend, comme une étrange aurore, Puis la lune paraît et son beau disque en feu
Monte, illuminant tout sur la terre ravie... Les étoiles en choeur vont le suivre bientôt Et transfigureront l'azur sombre. Il ne faut Qu'un seul rayon d'amour pour remplir une vie.
Source : Gallica

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